Ibid
U. Ibid., 37. Les fouilles du R. P. Delattre, à Carlhage, ont rendu au jour des cimetières païens de l'époque impériale, maison n'a pas retrouvé la trace de cimetières chrétiens d'une si haute antiquité, bien qu'ils aient très probablement existé. Les émeutes, dont parle Tertullien, les ont sans doute fait disparaître et des actes semblables ont pu se renouveler pendant le iii^ siècle.
5. 11 se pourrait que celle expression concernât surtout le christianisme en Afrique; il semble difficile, même à un avocat, de qualifier deux siècles écoulés comme un seul jour.
6. Il y a ici, du moins en ce qui concerne l'Afrique, une inexactitude manifeste. En dehors du soldat célébré par le De Corona et qui se trouvait au camp de Lambèse, nous ne connaissons qu'une seule inscription
VOS tribus, vos décuries, le palais, le sénat, le Ib-
chrétienne relevée jusqu'à ce jour dans tout le camp de Lambèse et dans ses cimetières. Cf. R. Cagnat, Le Musée de Lambèse, in-i", Paris, 1895, p. 25. Celte inscription, publiée par Poulle dans le liée, de Conslantine, t. XXII, p. aoo, n. 161 et C. I. L., n. 18^88, est déposée aujourd'hui au praetorium. Elle offre une belle formule; lign. 7 : InCristo vivas et in me[liuscrescas\. Le fait est dautant plus remarquable que la présence des chrétiens dans les armées a été un des facteurs de l'expansion du christianisme. M. R. Cagnat, L'Armée romaine d Afrique et l'occupation militaire de l'Afrique sous les empereurs, \n-k°,VixY\%, 1892, p. ai3,aparlé A\x Culte des dieux dans le corps d' occupât ion d' Afrique ; il n'a pas abordé la question du culte chrétien ni des soldats chrétiens. L'armée d'occupation comportait des légions et des troupes auxiliaires indigènes que fournissaient les tribus établies dans le pays. La Numidie possédait la légion III« Auguste et des corps auxiliaires, les Maurétanies Césarienne et Tingitane n'avaient pas de légionnaires. Ce n'est donc qu'à Lambèse (qui fournissait la cohorte de garnison en détachement à Carthage), C. I. L., n. 2532, que nous devons chercher la trace de chrétiens venus de contrées lointaines et important le christianisme en Afrique, car, outre la legio III'^ Augusta, nous savons que les légions IX'^ Hispana, VI^ F errata, I^ Macriana Liberalrix, VII^ Gemina, III" Cyrenaica, XXII'^ Primigenia,
IV^ Flavia, F» Macedonica, ///» Gallica, /» Italica, 11^ ?, III^ Ita-
lica, III^ Parthica, XX^ Valeria Viclrix, ont envoyé à différentes époques des détachements en Afrique. Cries épitaphes chrétiennes mentionnant en Afrique la profession militaire sont extrêmement rares ,*(7. /./,., n. 5229 : miles; 9248 : tribunus numeri Primanorum; 9255 : ex praeposilis equilum armigerorum juniorum; 16655 : veteranus; P.Blanchet, dans iVouv. arch. des miss, scientif., 1899, p. 112, n. 7 : centurio; et toutes ces épitaphes ne sont pas préconstantiniennes. Nous ne croyons pas que l'épisode du martyr-conscrit Maximilien, Rlixart, Actasincei^amartyrum, in-4<>, Parisiis, 1689, p. 309, dénote un état d'esprit assez général en Afrique, pour expliquer historiquement le fait archéologique que nous signalons; d'autre part, il nous paraît avéré que l'Afrique s'est trouvée dans des conditions tout à fait analogues à celles de la Gaule ou de la Grande-Bretagne. Or, ni l'un ni l'autre de ces pays qui ont hébergé des légions pendant les trois premiers siècles du christianisme n'ont rendu une seule pierre qui mentionne la profession militaire d'un chrétien. Cf. G. WiLMANNS, Die rômische Lagerstadt Africas,ûans les Commentationes in honorem Mommsenii, in-8°, Berlin, 1877, p. 190 sq., trad. H. Thédenat, Etude sur le camp et la ville de Lambèse, dans le Bull, des antiq. afric, 1884; Delamare, Recherches sur l'ancienne ville de Lambèse, dans les Mém. de la Soc. des Antiq. de Frarice, 2« série, t. I, p. 30 sq. W. Pfitzner, Geschichte des rômischen Legionen von Augustus bis Hadrianus, in-S", Leipzig, 1881; M. Fiegel, Historia Legionis IW^ Augustae, m-8°, Berlin, 1882. Pallu de Lessert, Les briques légionnaires. Contribution à la géographie militaire de l'Afrique romaine, dans la Rev. de l'A/rique
rum ^L' « Apologétique » fut écrite vers l'année 197 ^ ; le livre « A Scapula », qui est de l'année 212^, nous donne des chiffres : « Que ferez-vous de tant de milliers d'individus de tout sexe, de tout âge, de tout rang, qui s'offriront à vos coups ? Qu'il faudra de bûchers et de glaives ! Que souffrira Cartilage que vous devrez décimer^*. » Il dit encore que « dans chaque ville plus de la moitié des habitants sont chrétiens ^ », et il y avait dans l'Afrique septentrionale des centaines de villes ^ dont quelques-unes très peuplées. Ailleurs il raille le fisc dont l'ingénieuse rapacité n'a pas songé à exploiter une source d'abondants revenus en imposant les consciences chrétiennes ^. Malgré l'habituelle exagération des paroles de TertuUien, son témoignage paraît, en l'espèce, recevable. Il écrit dans le pays même dont il parle et où il sera lu,
/"rançatse, 1888. Pour être complet ou, du moins, pour ne soustraire aucun détail à la discussion, nous devons signaler la découverte, en 1856, au sud-est des ruines de Lambèse, d'une area rectangulaire de ôO^X^O"", close par un mur de 0'",50 d'épaisseur. Elle renfermait un grand nombre de sépultures, tombes en briques disposées en triple étage et sarcophages en pierre isolés ou par groupes ; un de ces groupes comprenait de 70 à 80 tombes sur trois rangs. Il n'y avait aucun mobilier funéraire. « Ce cimetière, ditMoLL, Ayin. de Constantine, 1858-1859, p. 216 sq., pi. XI, est d'origine chrétienne, cela nous paraît probable. » « Je serai comme cet auteur, enclin à le croire », ajoute S. Gsell, Monum. antiq. de l'Algérie, in-80, Paris, 1902, t. II, p. 400, note 1.