‹ L'Afrique chrétienneChapitre 40 sur 280 · S. Cyprien, Epist. LXVII, 6 (édit. IIartel · texte numérisé non relu

S. Cyprien, Epist. LXVII, 6 (édit. IIartel

appartenu de leur vivant à la communauté ^ . Les fidèles de Carthage se trouvaient ainsi rassemblés pour dormir le dernier sommeil dans un terrain au nord de Byrsa, le long et en dehors d'un vieux mur d'enceinte qui séparait de la ville proprement dite le faubourg de Mégara. Uarea s'étendait depuis le village actuel de la Malga jusqu'au Bordj-Djedid. Là reposèrent des milliers de chrétiens ^ parmi lesquels il a dû s'en trouver d'illustres ^ ; nous sa-

1. Nous connaissons d'autres areae que celle de Carthage, malheureusement nous ne pouvons faire autre chose ici que de les indiquer, il existait à Cirta une area martyrum. Le texte qui nous renseigne à son sujet est fort intéressant. Appendice à S. Optât (édit. Ziwsa), p. 19i, ligne 25, 27, p. 196, ligne 16, parce qu'il mentionne l'existence d'un édifice situé sur ce cimetière des martyrs. Il dit que les évêques s'y réunirent, en mars 305, in casa maiore. Par suite de la persécution, on avait transporté dans ce lieu la chaire épiscopale, Ibid., p. 19^, ligne 7- 8, cf. p. 195, ligne 28. A Césarée de Maurétanie, autre area célèbre. Cf. C. I. £., n. 9585; G. Doublet, Musée d'Alger, in-a^ Paris, 1890, pL II, fig. 1;De Rossi, Borna sotlerr., t. I, p. 86, 96, 97, 105-106; t. III, p. 411 ; Bull, diarch. crist., 1861, p. 28; 1878, p. 73 ; 1881, p. 120; Inscript. chrisL urb. Romae, t. II, p. xyxiv ; H. Leclercq, au mot Agape. dans D. Cabrol, Dict. d'arch. et de liturg., 1. 1, col. 810 sq., 813, note 1 ; P. Monceaux, dans le Bull.de la Soc. des anliq. de France, 1901, p. 253, 256; Le Même, Hist. liit. de l'Afr. clirét., t. II, p. 125-129; S. Gsell, dans les Mél. d'arch. et d'hist., t. XXII, 1902, p. 3'42, noie 5. L'inscription nous apprend que cette area fut d'abord propriété privée de Severianus, qui la mita la disposition de ses coreligionnaires ; puis elle devint propriété de l'Église de Césarée. Kunstle, dans Theolog.Quarlalschri^t, 1885, p. ^'jl ; Lavigerie, De l'utilité d'une mission archéologique permanente à Cartilage, in-8o, Alger, 1881, p. 42 sq., rapporte des fouilles exécutées dans cette area, située à l'ouest de la ville, près de la voie qui conduisait à Cartennae (= Toie^); malheureusement ces fouilles furent faites sans méthode et interprétées plutôt que décrites. Aujourd'hui le terrain a été bouleversé; cf. S. Gsell, Cherchel-Tipasa, p. 67 sq. Schwarze, op. cit., p. 124.

2. A.-L. Delattre, Vépigraphie chrétienne à Carthage, in-8'', Paris, 1891 ; C. I. L., n. 13393-14096 ; cf. 14415-14269, en tenant compte des indications topographiques pour chacun des tituli de cette 2« série. Les tombes les plus anciennes sont du côté de l'ouest.

3. Quoiqu'il faille se montrer d'une extrême réserve en fait d'identifications, rappelons celles qu'a proposées le R. P. Delattre touchant

vons que saint Cyprien fut enterré « dans les areae du procurateur Macrobius Candidianus, situées rue des Mappales, à côté des Piscines ^ », et son tombeau devint un centre où l'on apportait les morts d'assez loin, par exemple : le martyr Maximilien dont une dame de Théveste, nommée Pompeiana, apporta les restes pour les ensevelir en ces lieux ^.

On s'explique les colères de la populace contre les cimetières de Cartilage si on observe que les documents les plus anciens nous font voir l'usage d'élever dans ces cimetières un édifice servant de lieux de réunion aux fidèles^; on appelait très modestement

les martyrs scillilains, cf. Cosmos, 27 févr. 189i, et les saintes Perpétue et Félicité. Cf. Lavigerie, op. cit., p. 52; Delattre dans le Bull, du Comité, 1886, p. 220 sq.; Cosmos, lU janv. 1888, 19 mars 1892, 27 janv. et 3 févr. 189^.

1. Acla proconsuloria Cyprîani, 5 ; cf. A.-L. Delattre dans le Cosmos, 1 déc. 1889; P. Monceaux, Le tombeau et les basiliques de S. Cyprien à Carthage, dans la jRei». archêol., 1901, t. XXXIX, p. 190 sq.

2. Acta S. Maximiliani, 3, dans Ruinart, ylcta sincera (1713), p. 301.

3. Pour le m^ siècle, les témoignages ne manquent pas. Outre la cella de Cherchel dont nous allons parler, C. I. L., n. 9585, nous mentionnerons celle de Cirta : casa maior, cf. supra, p. 56, note 1, ce qui indique Uexistence dans le même cimetière d'une casa minor et peut-être d'autres encore; quand ces édifices étaient vastes, ils prenaient le nom de Basilicae. Ainsi, à Carthage, au début du iv" siècle, la basilica novarum était construite sur un cimetière, les areae novae, cf. Mél. d'arcli. et d'hist., 1901, t. XXI, p. 207. Ceci est absolument conforme au sens du mot basilica eu Gaule, cf. H. Leclercq au mot Agaune, dans D. Cabrol, Dict. d'arcli. et de liturg., t. I, col. 851 sq. L'inscription de Césarée concernant la cella construite par le propriétaire légal de Yarea porte une indication de propriété. Ce point est important à noter pour l'étude de la condition légale des communautés chrétiennes. S. Gsell, Monum. antiq, de l'Algérie, retarde l'inscription jusqu'à l'époque constantinienne à cause de la présence des sigles a. co. Cf. H. Leclercq, A. w. dans D. Cabrol, Dict. d'arch. et de liturg., t. I, col. 11 sq. Le titulus de Cherchel ayant été probablement retranscrit d'après celui qui avait été détruit, cela nous reporte assez haut et la cella de Cherchel pourrait faire mention d'un martyr Sévérianus, cf. Martyrol. hieronym. (édit. De Rossi, Duchesne), in-fol., Bruxelles, 1894, au 23 janvier, contemporain de la persécution de Valérien, ou même de Septime-Sévère qui y aurait été

cette salle, cella, mais il ne faut pas songer à retrouver jamais rien de la cella qui dut entendre sans aucun doute les ardentes prédications du prêtre Tertullien . Les areae africaines comprenaient deux parties distinctes : Vhortus, où se pressaient les tombes, eiVarea martyrum^ qui contenait sous un édiculeles corps des martyrs. Les dimensions ont dû varier beaucoup suivant les localités et le développement que prenaient les communautés. A Césarée de Maurétanie, l'enclos n'aurait eu, paraît-il, que 30 mètres de long sur 15 mètres de large. « Au centre s'élevait un édicule de 2 mètres de côté, ainsi qu'un autre plus petit; ils étaient voûtés et montés sur quatre murs à cintres ouverts^. » Autour de l'édicule on avait accumulé les cadavres et, en certaines parties, on trouva six corps superposés ; plus loin ils s'espaçaient dans Varea et en dehors de l'enclos, dans Vhortiis, qui ne communiquait avec l'enclos que par une seule porte.

C'était là primitivement et en temps de persécution, lorsque les domaines funéraires restaient seuls accessibles, que les fidèles se réunissaient^. Là se

enseveli cf. P. Monceaux dans le Bull, de Soc. des Antiq. de France.

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