On trouve aussi casa maior, area muro cincta
2. TouLOTTE, Géographie de V Afrique chrétienne. Maurétanies,]).26, cf. S. GSELL, Monum. antiq. de C Algérie, t. II, p. 399-400. D'après A. TouLOTTE, les deux édicules seraient ceux de Sévérianus et du prêtre Victor dont l'inscription a été trouvée tout à côté et qui mentionne la construction d'un accubitorium renfermant plusieurs corps. C. I. £,., n.'9586 ; G. Doublet, Musée d'Alger, p. 23, 62, pi. II, fig. h ; De Rossi, Roma Sotterranea, t. I, p. 106.
3. Gesta apud Zenophilum, en appendice à S. Optât, dans Corpus script, eccl. latin., 1893, t. XXVI, p. 194; Cives in area marttjrum fuerunt inclusi; et plus loin : Populus Dei in casa maiore fuit inclusus. L'isolement de la cella était facile à obtenir d'après le texte que nous rapportons ici.
trouvait la mensa du martyr, c'est-à-dire la dalle en forme de table qui recouvrait son tombeau. Il est possible que, malgré les bouleversements subis par l'Église de Carthage, il nous soit resté quelque chose de l'une de ses anciennes areae. On a remarqué que le grand atrium annexé à la basilique de Damous-el-Karita récemment fouillée, offre les mêmes éléments que nous avons rencontrés à Cherchel, quoique avec des dispositions différentes; c'est-àdire, «un enclos demi-circulaire, à ciel ouvert, entouré de portiques et un trichonim où chacune des absides renfermait une mensa de martyr.
« Évidemment, cet atrium de Carthage a été reconstruit au moment où l'on éleva la basilique; mais, selon toute apparence, pour ne point toucher aux tombes des martys, on y a reproduit le plan de Varea primitive^ ». Peut-être la décoration de ces édicules était-elle inspirée des modèles qui obtenaient la vogue dans l'Église de Rome; on a tout lieu de le supposer. Qui sait si quelque riche fidèle n'avait pas fait appel à un peintre nommé Hermogène, qui exerçait à Carthage sa profession et tomba dans l'hérésie -. Quelques épitaphes auxquelles on hésite à
1. p. Monceaux, HisU lUt. de l'Afrique clirét., t. I, p. 15; A. L. De- LATTRE, Basilique de Damous-el-Karita, Cartilage, 1892, in-8^ Constantine, 1892, 17 pp. et 1 pi. ;Le Même, La basilique de Damous-el- Karita, dans le Recueil de Constantine, 1890-1891, t. XXYI, p. 185-202; S. GSELL, dans les Mél. d'arch. et d'Iiist., 1900, t. XX, p. 118; 1901, t. XXI, p. 211, note 2, au sujet de l'identification proposée dans le Nuovo bulL di arch. cristiana, 1898, t. IV, p. 219-226; Fr. Wieland, Ein Ausflug ins altcliristliclie Afrika, in-12, Stuttgart, 1900, p. 2ft-36, et pi. p. 27; G. Stuhlfauth, Bcmerkungen von einer cliristlich-arcliâologisx:hen Studien reise nacli Malta und Nord-Afrika, dans Mittheilungen des K. deustch. archàoL Instituts. Rômische Abtheilung, 1898, p. 275- 304; H. Leclercq, au mot Afrique, dans D. Cabrol, Dict. d'arch. et de iiturg., t. I, col. 692 sq.
2. Tertullien, Adv. Hermogenem, 1 sq. Il professa l'éternité de la matière.
fixer une date, mais assurément très anciennes*, portent les symboles cliers aux fidèles : la colombe, l'ancre, la palme, le chrîsmon. De semblables images auront pu tapisser les murailles des premières cellae.
La communauté de Carthage paraît ne s'être pas contentée d'une simple cella; elle avait un local sans doute plus proche du centre de la ville; ce serait celui que Tertullien nomme Vecclesia ^ et qui semble avoir comporté une maison entière^. Nous ne savons rien de plus sur sa situation, sa distribution intérieure ; à peine peut-on dégager des textes quelques traits que confirment d'ailleurs les usages connus d'autres églises. Cette église possédait un autel '* et lorsque les frères s'y rassemblaient, il était facile de distinguer les fidèles demeurant debout du clergé autorisé à s'asseoir^. Mais ces lieux de réunions étaient connus de tous ^ et il est probable qu'il existait des refuges dissimulés avec cette ingéniosité qu'inspire une foi ardente aux jours de danger. Ce fut parmi des alternatives de paix et d'angoisses que grandit la communauté. Nous les raconterons bientôt, mais l'histoire ne se compose pas seulement du récit des événements, elle s'intéresse aux épisodes de la croissance et de
1. Épitaphe de Magna Crescentina, à Tipasa, cf. S. Gsell, dans les Mélang. d'arch. et d'hisU, 1894, t. XIV/p. 407. Cf. C.I.L., n. 791; 13471, 13550; P. Gauckler, dans le Bull, du Comité, 1892, p. 92, n. 7. 11 faut sur ce terrain se montrer assez circonspect, car il y avait des « amateurs d'antiquité » alors comme de nos jours. On rencontre au v® siècle une formule du type le plus archaïque, P. Gauckler, dans le Bull. duComité^ 1901, p. 140, n. 67.