Ibid., n
Juba^ anciens rois du pays, y avaient des autels.
Ce personnel mythologique avait fait bon accueil à celui des envahisseurs puniques dont les idoles avaient survécu à la puissance de leurs adorateurs ^. Les noms de Tanit ^, la Juno Caelestisy Virgo Caelestis, Caelestis, et de Baal étaient révérés dans toute la Proconsulaire, dans la Numidie ^* et jusqu'en Mau^ rétanie ^. Baal-Hammon ^, identifié avec Saturne, l'emportait sur tous les autres dieux puniques; on l'adorait dans un grand nombre de sanctuaires, principalement à Thugga ^, à Thignica ^ et sur le Djebel-bou-Kerneïn, en face de Carthage ^.
D'autres dieux s'étaient associés à ceux-ci et ils
1. Miixucius FELIX, Octavîus, 21 : Juba Maiiris volentibus deus est; Lactance, Divin. inslit.,i, 15; De la Blanchère, 7)e rege Juba, p. 107; P. Gauckler, Musée de Cherchel, p. 20 ; C. I. L., n. 20627. D'autres rois des dynasties indigènes étaient l'objet d'un culte, cf. Tertullien, Apologeticum, 24; S. Cyprien, Quod idola dii non sunt, 2.
2. P. Berger, Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique, 1890, p. 62 sq.
3. C. I. Semit., part. I, c. xiii; C. I. £., n. 2226; cf. Carton, Le sanctuaire de Baal-Saturne à Dougga, in-8°, Paris, 1896; De la Blanchère et Gauckler, Musée Alaoui, G. 754-76Ji.
4. C. I. L., /i. 993, 999, 1318, lU2li, 8241, 12376, 14850, 15512, 16411, 16415, 16417. Cf. Gagnât, Gauckler, Sadoux, Les monuments historiques de la Tunisie, I. Les temples païens, p. 24-34 ; Doublet et Gauckler, Musée de Constantine, in-4<>, Paris, 1890, p. 58, 82-84, pi. III.
5. C. L L., n. 9796; G. DOUBLET, Musée d'Alger, m-U", Paris, 1890, p. 63 sq., pi. III-IV.
6. P. MONCEAUX, Hist. litt. d. l'Afr. chrét., 1. 1, p. 31, note 4.
7. Carton, op. cit., cf. Comptes rendus de VAcad. des inscr., 1891, p. 437; 1893, p. 357; Bull. d'Oran, 1893, p. 63 sq. ; C. L L., n. 15515; Gagnât, Gauckler et Sadoux, op. cit., p. 82-85, pi. XXV-XXVII.
8. P. Berger et R. Gagnât, Le sanctuaire de Saturne à Aïn Tounga, dans Bull, du Comité, 1889, p. 207 sq. ; C. I. L., n. 14912-15199; Gagnât, Gauckler et Sadoux, op. cif., t. I,p. 79; De la Blanchère et P. Gauckler, Musée Alaoui, G. 113-650, D. 15-301.
9. TouTAiN, dans les Mél. d'arch. et d'hist., 1892, p. 19 sq.; Gagnât, Gauckler et Sadoux, op. cit., 1. 1, p. 81-82 ; De la Blanchère et Gauckler, op. cit., G. 651-655, D. 302-357.
étaient sans nombre ; car le monde antique tout entier contribuait à remplir ce Panthéon éclectique. La statistique ne pourra en être dressée d'ici longtemps, car les fouilles continuent à apporter des indications inconnues jusqu'à nos jours, mais on peut prévoir que la conclusion à laquelle il faudra s'arrêter, c'est que l'Afrique n'était pas moins hospitalière aux cultes des Latins, des Grecs et des Orientaux qu'à d'autres cultes qui étaient en droit de se réclamer d'une antiquité plus lointaine. « Sérapis, écrit M. Monceaux, avait ses adorateurs non seulement à Carthage \ mais encore dans de simples bourgades de l'intérieur 2; la Grande Mère des Dieux avait les siens dans beaucoup de villes de la Proconsulaire et des autres provinces, à Sicca Veneria, à Zama-Regia, à Mactaris, à Lambèse, à Thibilis, à Mileu, à Caeserea ^. Puis l'Afrique avait adopté presque toutes les divinités gréco-romaines ^*. Chaque culte avait ses temples ou ses autels, et ses prêtres ^. Même des associations particulières de dévots s'étaient formées