Tacite, Hist., V
2. Parmi les monuments qui nous sont parvenus de cette calomnie, on connaît le « crucifix du Palatin », reproduit très souvent. F.-X. Kraus, Das Spott-crucifix vom Palatin, m-8°, Wien, 1869, trad. Ch. de Linas, Le crucifix blasphématoire du Palatin, in-8°, Arras, 1870; D. Cabrol et U. Leclercq, Monum. Eccl. liturg., t. 1, n. 3802. Une intaille publiée par Stefanom, Gemmae antiquae, Veneliis, 16^6, pi. XXX, représente un âne faisant le maître d'école devant quelques enfants respectueusement inclinés; republiée par Fr. Munter, Primorclia Ecclesiae Africanae, in-4°, Hafniae, 1829, p. 218 ; cf. p. 167 sq. Le musée de Luynes {Biblioth. nationale, cabinet des antiques, terres cuites, n. 779) possède une terre cuite venant de Syrie, représentant un petit homme vêtu d'une longue robe, tenant un livre ; il a la tête d'âne, de longues oreilles ; détail obscène. Cf. E. Renan, dans les Comptes rendus de CAcad. des inscript., 1770, p. 32-36.
3. Tertulliex, Ad nationes, 1, Vi ; Apologelicum, 16. De Rossi, Roma sotterranea, 1. 111, p. 85^, a fait observer qu'il y avait eu deux courants différents, l'un simplement ridicule, mais qui ne faisait que rapprocheT le christianisme des sectes égyptiennes, adoratrices de figures kunocécéphales, leonlocéphales, etc. ; l'autre était rigoureusement monstrueux ainsi que le prouve la lecture ôvoxottr]; = Cf. Dictionn. d'arcliéoL rlirét. et de liturgie, 1. 1, au mot Ane.
k. En dehors des esprits attachés au sens graveleux que les grands mythes païens étaient susceptibles de recevoir et de la foule ignorante, les dieux avaient conservé pour de bons esprits une signification assez voisine des hautes conceptions morales dont ils avaient été, dans les temps plus anciens, l'expression concrétisée. Cette manière de considérer dieux et déesses a été exposée avec toute la clarté et l'exacti-
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Il semble que toutes les classes de la société fussent conjurées dans la haine à l'égard des chrétiens. Le rhéteur Fronton, dont le talent n'égalait pas la réputation, avait pris parti contre eux. 11 débita un grand discours Contre les chrétiens ^ , qui ne valait sans doute ni plus ni moins que ses autres ouvrages, mais Fronton était à la mode et on dut trouver qu'il avait raison. Après lui, Apulée imagina, dans ses Métamorphoses, une femme ayant une passion folle pour un âne. « C'était, dit-il, une ennemie de la foi, une ennemie de toute pudeur ; elle méprisait et foulait aux pieds nos divinités saintes; en revanche, elle était initiée à une certaine religion sacrilège, elle croyait à un Dieu unique ; par ses dévotions hypocrites et vaines, elle trompait tous les hommes^ ». Pour ceux qui avaient vu le valet juif portant son tableau obscène dans la ville, l'allusion était bientôt comprise. Il n'était bruit alors dans la ville entière, dit Tertullien, que de ce Dieu des chrétiens engendré par un âne ; on ne parlait que de cela^. On donnait des détails sur les assemblées, détails obscènes, comme le sont d'ordinaire les accusations qu'on porte contre les novateurs religieux. C'était l'inceste d'Œdipe et le festin de Thyeste; car de la part des chrétiens, toutes les abominations semblaient possibles.
Nous ne savons pas tous les heurts que chrétiens et païens eurent entre eux pendant cette période; mais il est probable que, pendant les années de paix, quelques difficultés se produisirent, qui pouvaient
lude désirable par Paul de Saim-Victor, Les deux Masques, in-S", Paris, 1883, t. I, et Les grandes Déesses, dans Hommes et Dieux, in-12, Paris, 1883.