Tertullien, Ad Naliones, I, l'j
faire présager les violences qui suivirent. Sous le proconsulat de Pertinax, son historien enregistre un grand nombre de séditions provoquées par les prophétesses du temple de Caelestis^. Peut-être les chrétiens faisaient-ils l'objet de ces prédictions menaçantes? En toutes circonstances, il leur fallait se tenir sur leurs gardes. A la première bagarre il y avait toujours quelques pierres qui leur étaient réservées. Pendant les bacchanales, on envahit leurs cimetières et on viola les tombes ^ ; c'était un des divertissements de la populace de Carthage que d'extraire ainsi de la tombe des corps en putréfaction et de les mettre en pièces^. Les fidèles s'en vengeaient par des épigrammes '*.
Ce qu'il y avait de grave et vraiment menaçant dans tout ceci, c'était que les chrétiens se trouvaient, de fait, hors la loi. Celle-ci attribuait au terrain où un mort était inhumé le caractère de « lieu religieux » ; elle le prenait sous sa protection, le rendait inviolable, inaliénable, imprescriptible^. Or nous ne voyons pas que les dévastateurs aient été punis ^; on se contenta probablement de prévenir de nouveaux désordres.
Les chefs des Éo^lises s'efforçaient sans doute de