Tertullien, De corona mililis
2. Ibid. : Solus constantior fratribus... înter tôt fratres commilitones solus. Ad Scaputam, U : Nam et nunc a prœaide Legionis vexatur hoc nomen.
tement le légionnaire. « C'est une précipitation dangereuse, disait-on, un amour immodéré de la mort. Pour un scrupule de costumes et de mots, il compromet la société chrétienne tout entière, comme s'il était le seul qui eût du cœur, et que parmi tant de frères qui servent comme lui, il fût seul chrétien. 11 vient sans raison mettre en péril une bonne et longue paix ^ »
La fanfaronnade du légionnaire de Lambèse n'avait tant plu à Tertullien que parce qu'elle lui fournissait un exemple éclatant en faveur de la doctrine qu'il soutenait. Après avoir été, comme nous l'avons dit, partisan de la fuite devant les menaces des persécuteurs ^, il avait abandonné toute modération et adopté le sentiment contraire. « Je ne sais, écrivit-il alors dans un pamphlet intitulé De la fuite pendant la persécution^ je ne sais s'il faut pleurer ou rougir en lisant sur les registres des soldats bénéficiaires et des agents de police, mêlés aux noms de gens qui paient pour exercer des métiers inavouables, les noms de chrétiens qui acquittent une contribution pour échapper au martyre^. » Dans cet écrit qui nous permet, par la violence du langage, de mesurer la gravité du dissentiment qui partageait les fidèles en deux camps, Tertullien écrit encore : « La fuite est un rachat gratuit, le rachat à prix d'argent est une fuite; l'un et l'autre est une apostasie ''. » « Mieux vaut renier la foi au milieu des supplices ; on a du moins le mérite d'avoir lutté. J'aime mieux pouvoir vous plaindre qu'avoir à rougir de vous. Un soldat
\. Ad Scapulam, U.