‹ L'Afrique chrétienneChapitre 96 sur 280 · De fuga · texte numérisé non relu

De fuga

^. Ibid., 12.

perdu sur le champ de bataille vaut mieux qu'un soldat sauvé par la fuite ^ . »

Tandis qu'il invoquait le cas du légionnaire, ses adversaires lui opposaient sans doute celui du martyr Rutilius dont nous avons parlé ^. Et du sein même de ces polémiques regrettables l'Eglise de Cartilage se trouvait obligée de faire face à d'autres perturbateurs de la discipline. Les Basilidiens niaient l'obligation pour les chrétiens de confesser le Christ. Ils enseignaient la nécessité de renier la foi en temps de persécution. C'est du moins ce dont leurs contradicteurs les ont accusés. Ils accordaient qu'on pouvait se prêter aux actes, indifférents en euxmêmes, que la loi civile exigeait, qu'on pouvait maudire le Christ à condition de distinguer dans son esprit entre l'éon Nouç et l'homme Jésus. Il est possible qu'avec la subtilité de son esprit, Tertullien ait aperçu quelque rapport entre cette doctrine et celle qui autorisait la fuite, mais il semble plus vraisemblable que le traité qu'il écrivit, sous le nom de Scorpiace^ pour réfuter l'erreur gnostique répondait à l'objection qu'on entendait soulever dans les rangs des fidèles de la jeune Église d'Afrique.

« Les souffrances des apôtres, leur répondait-on, nous montrent clairement quelle est leur doctrine sur ce point; il suffit, pour la comprendre, de parcourir le livre des Actes. Je n'en demande pas davantage; j'y rencontre partout des cachots, des fers, des fouets, des pierres, des glaives, des Juifs qui insul-

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