BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS
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INTRODUCTION
La Société des anciens élèves et élèves de l'École des Sciences Politiques a voulu, dans la septième série de ses grandes conférences, étudier les questions actuelles de politique étrangère et coloniale dans l'Afrique du Nord.
Il a semblé à son Bureau qu'aucun sujet ne répondait mieux aux intentions des fondateurs de ces conférences. Peu de problèmes, en effet, présentent un intérêt plus grand pour notre pays et sont d'une actualité plus vivante que ceux qui touchent à la formation et au développement continu de notre empire africain.
La conquête et la colonisation de l'Algérie, de la Tunisie et de l'Afrique occidentale, complétées aujourd'hui par l'occupation du Maroc, constituent l'œuvre que nous avons poursuivie depuis
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un siècle, malgré des hésitations passagères, avec le plus de persévérance et de succès. Elles ont ouvert à notre civilisation d'immenses provinces dont le commerce a doublé en dix ans pour atteindre aujourd'hui presque deux milliards, et qui, par Alger et Tunis, dominent la Méditerranée occidentale et touchent à la France, tandis que, par les ports marocains et Dakar, elles s'ouvrent largement sur l'Atlantique. Elles ont apporté le règne de « la paix française » à 25 millions d'hommes.
La géographie physique et humaine de cet empire, l'histoire de sa formation, la politique indigène, la politique financière et économique que nous y avons suivies, sont exposées dans ces conférences par les hommes que leur expérience des affaires africaines et leur talent désignaient pour nous en faire le mieux comprendre les difficultés et la grandeur : par M. Jonnart, ancien ministre des Travaux publics et des Affaires étrangères, ancien gouverneur général de l'Algérie, sous la sage administration de qui notre colonie a atteint un degré de prospérité que les prévisions les plus optimistes n'osaient espérer ; — par le général Lyautey, qui achève au Maroc la tâche commencée par lui sur les confins de l'Algérie, et qui, suivant la belle expression de M. Raymond Poincaré, « est, en ce moment, par ses actions, un
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de nos meilleurs historiens et un de nos plus beaux poètes » ; — par M. Roume, le créateur et l'organisateur de ce gouvernement général de l'Afrique occidentale, qui a donné l'unité et la vie à nos possessions du Sénégal, du Soudan et du golfe de Guinée ; — - par M. le gouverneur Camille Guy, l'un de ses meilleurs collaborateurs ; — par notre maître Augustin Bernard, et M. Ladreit de Lacharrière, qui, par leurs voyages, par la parole et par la plume, prennent une part si active à l'action de la France en Algérie et au Maroc.
Ce tableau de notre empire de l'Afrique du Nord eût été incomplet s'il n'avait été accompagné d'une étude historique et économique des pays de l'Afrique méditerranéenne où nous avons dû reconnaître l'influence prépondérante d'autres puissances, malgré des droits ou des intérêts incontestables : l'Egypte et la Tripolitaine.
Des hommes éminents ont bien voulu se charger de cette étude difficile et dégager de l'exposé des faits les leçons qu'ils comportent pour nous . Ce sont M. Stephen Pichon, qui a présidé la conférence sur la Tripolitaine avec toute l'autorité que lui donnaient les années passées à la tête du gouvernement tunisien et du ministère des Affaires étrangères ; — M. J. Charles-Roux, président de la Compagnie Générale Transatlantique, vice-prési-
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dent de la Compagnie du Canal de Suez, qui a rappelé éloquemment les services rendus à l'Egypte par nos compatriotes ; — M. André TardieuetM. René Pinon, dont les travaux d'histoire diplomatique et de politique étrangère sont des modèles de sagesse et de clarté.
Nous tenons à remercier très vivement ici les auteurs de ce livre de l'honneur qu'ils nous ont fait en acceptant de prendre la parole à l'Ecole des Sciences Politiques et en complétant si heureusement la collection des publications de notre Société.
L'ALGÉRIE ET LA TUNISIE