‹ L'Afrique du SudChapitre 116 sur 234 · ainsi · texte numérisé non relu

ainsi

qu’il résulte du

tableau suivant :

CAPITAL

COURS

CAPITAL

nominal.

actuel.

effectif.

Randfontein

Compagnies filiales constituées.

Forges Randfontein . .

Randfontein Mvnpacht.

North Landfontcin. . .

Robinson Randfontein .

Randfontein Block A. .

Compagnies filiales

constituer.

South Randfontein. . .

Iiloek C. Randfontein.

Total général 7.700.000 11.675.000

Le capital effectif de toutes ces mines est donc ou sera donc d’environ 300 millions de francs. Or, la totalité de l’or extrait de toutes ces mines depuis 1889, date de la fondation de la compagnie, est d’à peine 100.000 onces ou 9 millions de francs. Ces 9 millions de francs, une fois les dépenses d’exploitation faites, n’ont pas dû donner plus de 1 .000.000 de bénéfice net. Les chiffres ci-dessus se passent de commentaires. Il n’en est pas moins probable que le cours de la Rand-

UN COMPOUND DE T R A V A 1 U L E U RS N È G R E S DANS UNE MINE ü'OR

fontein continuera à varier entre £ 2 et 3, arrivera peut-être de nouveau à £ 5, comme en 1895, sans que pour cela aucune production d’or ne vienne justifier ces cours purement spéculatifs.

La spéculation sur les mines s’aide de tous les moyens pour pousser les cours et les manipule suivant les besoins du moment. Gomme on le sait, toutes les mines du Witwatersrand sont dirigées par des groupes tout puissants, lesquels tiennent à leur merci six, huit, dix compagnies ou plus, qui reçoivent d’eux la direction qu’ils désirent leur donner. Les directeurs de ces compagnies faussent les résultats des broyages, les augmentent ou les diminuent artificiellement, en achetant des onces d’or à une autre compagnie, ou en ne déclarant qu’une partie de leur production, suivant qu’ils veulent la hausse ou la baisse. En outre, ces groupes directeurs sont tellement riches et puissants, qu’ils tiennent en main un grand nombre des actions des compagnies; ils peuvent donc imprimer aux actions le cours qu’ils désirent. On peut en citer un exemple avec la Simmer and Jack, dont le capital actuel est de £ 5.000.000, en 1 million d’actions de £ 5 (dont 910.000 émises). Sur ce chiffre d’actions, la Consolidated Goldfields of Africa en possède 715.000; il est donc facile d’imaginer les fluctuations que la Consolidated Goldfields peut faire imprimer à la Simmer and Jack, possédant plus des trois quarts des actions émises et pouvant les racheter ou les mettre sur le marché suivant les besoins du moment. Les Trusts, tels que la Goldfields, l’Anglo-French, la Rand Mines, etc., peuvent tous agir ainsi sur le marché. De plus, ils donnent

des dividendes parfois exagérés, pris souvent sur leur capital Ainsi, la Randfontein donnait l’année dernière un bonus de 400.000 actions de Porges Randfontein dans le but de faire monter son propre cours. On se rappelle les dividendes considérables donnés par l’Anglo-French Exploration G0, dividendes qui n’ont jamais pu être renouvelés. On peut citer aussi le cas de la Ruffelsdoorn Estate qui donna en 1895, un dividende de £ 400.000, et qui, depuis 1896, s’est endettée de plus de 400.000 livres. Mais le cas le plus suggestif de la manière de procéder des grandes compagnies de Trust est sans aucun doute celui de la Consolidated Goldfields qui donnait, dans l’année du 30 juin 1895 au 30 juin 1896, un dividende de plus de 25 millions de francs, reportait à nouveau un solde disponible de £ 1.203.000, soit plus de 30 millions de francs, et qui, moins de trois mois après la publication de ce rapport magnifique, était obligée de faire une nouvelle émission de £ 750.000 en actions de £ 1.

Nous ne voulons pas parler des Trusts ou des compagnies diverses du célèbre financier décédé, Rarnato; il fallait l’engouement irréfléchi des spéculateurs anglais et français et la stupidité des actionnaires pour laisser passer les comptes prodigieux présentés dans les diverses assemblées générales des compagnies dirigées par ce flibustier de grande envergure.

Nous avons tenu à donner en quelques lignes une opinion impartiale sur les valeurs des mines d’or; mais il est loin de notre pensée d’englober toutes les entreprises minières du Transvaal dans la même défiance; ce que nous avons voulu simplement montrer.

U N K MINE d’or — I* l'ITS I> EX T II ACTION

HÉPLBLigUK SlID-AFRICAINE (TRANSVAAL)

2til

c’est que, clans nombre de cas, la valeur intrinl sèque des mines est exagérée, et que les résultats 11e répondent pas toujours aux promesses faites par les compagnies.

A part quelques-unes, les valeurs de l’Afrique du Sud 11e doivent pas être considérées comme placement . Il faut choisir attentivement dans la liste celles des valeurs qui, par leur prix et par leur production, sont susceptibles d’être achetées, il faut en acheter peu et, pour diviser ses risques, faire une sélection dans le nombre, prendre plusieurs mines différentes plutôt que de mettre une grosse somme sur une seule mine.

Cependant nous tenons à déclarer que, quel que soit le cours des valeurs, qu’il y ait un nouveau crack ou un nouveau boom, la prospérité de l’Afrique du Sud tout entière est maintenant assurée.

Que le cours des actions monte ou descende, il y a toujours à Johannesburg un mouvement d’affaires important nécessité par toutes ces exploitations de mines; les ingénieurs travaillent, l’or continue à être extrait et exporté, le nombre des ouvriers reste le même et les conditions générales économiques ne varient pas. Bien entendu, b' commerce est plus actif lorsque la hausse bat son plein , les spéculateurs gagnant de l’argent le dépensent plus facilement . Mais la production de l’or 11e souffre pas de la baisse, bien au contraire, et il serait même à désirer, dans l’intérêt des économies à réaliser sur les exploitations, sur les travaux, les traitements, les salaires, les dépenses de toutes sortes, qu’il y eût une baisse longue et forte sur les cours des mines d’or. En effet, dans ce cas, les

directeurs de mines , les conseils d’administration , cherchent par tous les moyens à faire des économies et à réduire leurs frais, tandis que, pendant les périodes de hausse, ils ne s’occupent que de spéculation, et il leur est bien indifférent de payer des prix élevés pour leurs travaux d’exploitation.

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