L'Afrique equatoriale illustrée
lliStBri(|ilB. — Des considérations géographiques nous poussèrent à faire une vaste colonie du « ])lockhaus primitif de notre premier comptoir » ; dans la poussée qui entraina les nations civilisées vers le centre africain il nous restait deux voies ouvertes : la Sangha et rüul)augui ; nous les suivimes et l’expansion congolaise prit les deux directions (pd lid étaient ouvertes par la convention de 189 i, celle du Nil et celle du Tchad.
Au lendemain des cruelles épreuves de 1870, on prêtait peu d’attention aux projets coloniaux. Marche et Dompiègne entreprirent en 1878 un voyage dans rUgooué aux frais d’un particulier, M. Bouvier. Buis survint Savorgnan de Brazza, qui, par sa patience, sa ténacité, son habileté, allait réussir là où d’autres avaient échoué en partie et donner à sa patrie d'adoption un domaine colonial plus graïul que la hT-ance elle-même. A la suite de deux voyages de !M. de Brazza, le gouvernement français put s’installer ofticiellemeid sur le Congo naviga])le, le traité du 10 septemlire 1880 passé avec le roi iMakoko ayant mis entre nos mains la station de Ntanio (Brazzaville), la clef du Congo inférieur.
Itûuget
HKNSEIG^EMENTS GÉNÉRAUX
Au leiideiuaiii de la ratification du traité passé avec le roi Makoko, le comité français de l’association internationale africaine fit remise au gouvernement français de nos stations congolaises et décida de confier à iNI. de Ifi-azza uiK' nouvelle mission (jui al)outit à l’occupation de la rive gauclie du (iongo ( 1883-1885). l^endant ce tem])s, M. <le Hismarck prit l’initiative de réunir à Berlin les représentants de toutes les puissances, dans le But de rechercher et d’étahlir une entente internationale sur les principes de la liberté de commerce dans le liassinet les emhouchures du Congo, de l’application au Congo et au Niger du principe de la liberté de navigation et des formalités à oliserver pour que des occupations nouvelles sur les côtes d’Afrique fussent considérées comme effectives. La conférence africaine de Berlin s’ouvrit le 15 novembre 1881 et aboutit à la signature du document diplomatique qui a reçu le nom A' Acte (jénèral de Berlin (26 février 1885). L’acte général de Bruxelles du 2 juillet 1890 le compléta par un ensemble de mesures généreuses et philanthro- ])iques.
Une série de conventions passées entre 1885 et 1911 avec les diverses jîuissances voisines établirent les limites de la colonie de l’Afrique équatoriale française (avec l’Etat indépendant, convention du 5 février 1885 moditiée par celles du 29 avril 1887 et 23 décembre 1908; av(‘c le l‘ortugal, notre voisin au Cabinda, conventions du 12 mai 1886 et 23 jauviei' 1901 ; avec l’Espagne, pour le Bio Mouni, convention du 27 juin 1900 ; avec l'Allemagne, pour la frontière du Congo-Cameroun, conventions du 24 décembre 1885, 18 avril 1908 et 4 novembre 1911).
Dans leur marcbe vers l'Est, les Français se heurtèrent aux Belges et aux Anglais. Ceux-ci avaient fait.
UoüGET. A. Fj. F.
l'LANCIIF [
•1. — Délaclionionl de la 15'"^ Coiniiagnio du bataillon de l'Onltangni. 2. — Ilülel du Lieutenant Gouverneur ii Libreville ([ilateau).
Il K^ S K U; N E M E N TS (i É ^ fC H A II X
(railleurs, cause coinimiiie p(jur partager, sans lujus et contre nous, la région du Haut-Nil par le traité du H'*' niai 1894. Cette acte fut corrigé par rarrangeinent franco-congolais du 11 août 1894 fixant d'une manière détinitive la frontière septentrionale de l’Etat indéjiendant. Peu après était décidée la mission Marchand, (pii partit de Marseille en juin 189(5 et atteignit Eaclioda le 20 juillet 1898. A la suite de l'incident que provoqua cette occupation, le commandant Marchand fut rappelé en France et l’évacuation de Fachoda eut pour épilogue la déclaration du 2î mars 18119 qui fixe la limite orientale de notre zone d’intluence dans l’ouest de l’Afrique.
Dans la direction du Tchad, des missions continuelles SC sont succédées : Crampel (1891), Dyhowski (1891), Maistre (1892-1893), Clozel (1894) et enhn (lentil (jui parvint à triompher au comljat de Kouno ( octoiirc 1899) des forces de Raliah, potentat africain dont les troupes avaient massacré quelques mois auparavant une petite expédition conduite par llretonnet. ]\F (lentil opéra sa jonction avec les missions Foureau-Lamy et Joalland-Meynier sous les murs de Kousseri, oii Ualiah fut tué (avril 1900). Depuis lors le territoire du Tcliad a eu à repousser à plusieurs reprises les attaijues des Duadaïens. Les combats d’Arada, d’Am-Timam et de Djoua (I9ü8j ont marqué les incessants progrès de notre action dans cette région, et nous fûmes, par la force même des choses, amenés à nous emparer d’Aliécher, capitale du Ouadai (juillet 1909). Dette victoire devait avoir un triste lendemain, et le comliat de Dridjcllé nous coùfa en 1910 la mort du lieutenant-colonel M(dl, commandant du territoire militaire du Tchad. Des renforts ont été, depuis lors, votés par le Parlement et permettront au gouvernement général de rAfri<[ue
R E N s E I G N t: M Ë rs T s GÉNÉRAUX
('(|uatouial(^ de puuusuivue rceuvue de sécuf’dé et d’occupation (ju’il cliecclie à uéalisec puogccssiveinent.
Situation géographique. — Au point de vue puceuient pliysi(pie et descriptif, la division de l’Afrique équatoriale en régions naturelles donne quatre grandes zones distinctes et caractérisées : 1° la zone montagneuse des bassins côtiers ; 2" les grandes dépressions équatoriales du plateau africain ; 3° le (longo transéquatorial du haut-pays ; 4" le bassin du Tchad. Le Congo belge, dont une grande partie appartient à la deuxième zone équatoriale si riche, occupe d’autre part une zone naturelle subéquatoriale, à laquelle se rattache, comme une enclave en territoire français au delà du grand tleuve, la région Batéké de Brazzaville.
Les l)assins côtiers comportent chacun quatre terrasses échelonnées l une an-dessus de l’autre; au delà d(; la terrasse maritime, la terrasse des forets vierges à la liauteur des premières chutes, limitée à l’est par le A'Coimié, le Nyanga, le Niari moyen, puis la terrasse des plateaux lierl)eux ayant une altitude de iOO à 700 mètres et la terrasse des prairies saldonneuses des hauts plateaux s’élevant entre 700 et 800 mètres et s’étendant jus(prà la ligm* de partag(' des eaux du bassin dn Congo.
Les pi'inci[iau\ tleuves S(int ; l'( tgooué (750 kih): le Kouilou, ii})j)elé Aiari dans sa partie siq)érieure (GGO kil.); une partie du cours du (iongo. dont le bassin alfecte la forme d’une dame-jeanne vue en cou])e. Ihdre la iiu'r et Brazza^■ille, le tleuve n’est pas navigal)le ; aussi les Belges ont-ils entr(q)ris pour atteindre le Congo navigable la construction d’un chemin de fer entre Matadi et lA'opoldville. Le Congo reçoit, en territoire français, un certain nombre d’affluents, parmi les-