‹ L'Afrique equatorialeChapitre 35 sur 42 · LE LAC Z0.\A.\GL:E ET LES ILES SACREES · texte numérisé non relu

LE LAC Z0.\A.\GL:E ET LES ILES SACREES

versée par deux petits morceaux de marmite qui, heureusement, n'avaient cassé aucun os : on la confia aux soins de Marche, qui s'acquitta fort l)ien de ses fonctions de chirurgien"". Ce qui me paraît le

' Les Bakalais char'jent ordinairement leurs fusils avec de petits morceaux de fer, provenant le plus souvent de marmites cassées.

- Ce serait peut-être le cas de dire comment et depuis quand Marche est cliirurjjien. Au moment de 1870, Marche était à Malacca et commençait un voyajje dans lequel il devait explorer les îles Philippines. Lorsque le télégraphe eut fait connaître ■AUX Indes le désastre de Sedan, il interrompit son voyage et revint tout de suite s'enjjajjcr. Arrivé à Marseille, il ne voulut pas traîner dans les camps avec les mohiles et les mobilisés, et choisit les Eclaireurs de Constaiitine , corps surtout composé d'Arabes et constanuncnl au (eu. En arrivant au ré;[imeiit , il lui fit don d'une pharmacie achetée pour sou voyajjc et devenue inutile. Le lendemain le colonel le fait appeler : « Vous éles docteur, • lui dit-il. — « Pardon, mon colonel, naturaliste. — Oui, oui, c'est la même chose; vous serez chirurgien - major au régiment. — Mais, mon colonel , je n'y entends rien. — Vous avez une pharmacie , c'est <jue vous savez vous en servir: vous serez chirurgien - major. — .Mais, mon colonel, je suis venu pour me battre. — Sachez, monsieur, qu'il y a autant d'honneur à servir sou pays en soignant ses soldats blessc's , qu'en combattant soi-même; vous serez chirurgien-major, pas un mot de |)l(is , où je vous fourre dedans. » Voil;\ donc Marche chirurgien - major, taillant, amputant, racconmiodanl. Heureusement il avait fait (pielques études aiiatoiniipies ; |)lus heureusement encore, trois senuiiucs a|)rrs , arrivait un docleur, un vrai cett(! l'ois, (|iii lui permit de reprendre le métier de soldat et de gagner son épaiilcllc d'ollicicr. Eu voyage .Marche se souvient quelquefois de ses anciennes splelldeur^ médicales et met encore de temps en temps la main à la pâle.

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plus caractéristique clans toute cette affaire, c'est que personne ne trouvait extraordinaire la conduite de ce Bakalais, qui, pour un [)eu de vin de palme volé, assassinait lâchement deux femmes parfaitement innocentes du vol. Lésé par des Gallois, il avait tiré sur les premières personnes de cette tribu qui lui étaient tombées sous la main; c'était de bonne guerre chez ces peuples barbares. Seulement , maintenant il fallait venger les victimes. Toute cette nuit-là, le tam-tam battit sans relâche, les danses de guerre, les chants célébrant les futurs exploits qu'on allait accomplir contre les Bakalais se succédèrent sans relâche. Les hommes étaient tout feu et tout flammes. Le soleil levant devait voir rexterminatiou du dernier Bakalais. Mais quand le jour vint, toute cette ardeur était singulièrement refroidie. Ou eut grand'peine à rassembler les combalfants; ils partirent cependant, entassés dans de grandes pirogues de guerre. A moitié chemin, on avait déjà décidé qu'on lâcherait de palabrer avant de se ballrc. Aux trois quarts de la roule, l'un des (îallois insinua, au milieu de l'approljalion générale, que ce serait folie de faire la guerre sans le roi N'Combé, le desiructeur de Bakaluis, qui était ei\ ce moment en voyage. Kn conséquence, les pirogues firent volle-face et l'on attendit A'Combé. A son refour, ce nouvel Llysse dit à ses sujets : « Vous êtes ins(!nsés ; vous voulez attaquer les Bakalais d'ici.

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