ON DE MM. LES MISSIONNAIRES COILURD ET JEANMAIRET AU ZAMBÈZE
i les détiùls des progrès de cette expéditioD du nous aient pas ^ directement par notre correspondaDt ordinitire, M. Jeanos lecteurs nous sauront gré de les leur extrùre des BiiJletivs
de la Société neuchâteloise des missions et de celle de Paris, oU nous les avons rencontrés.
Kané, à cinq étapes dans le désert, au nord de Schoshong, 25 et 31 mai 1884.
Le 21 mai nous quittions Schoshong, où nous avons été extrêmement bien reçus par le^ blancs, ainsi que par Kbama et ses gens. Nous avons dû alléger nos Toitures à cause des sables profonds que nous devons labourer dans le désert. Il a fallu tout déballer, trier, remballer, charger, décharger souvent, pour recharger encore et faire toutes sortes de combinaisons. La bourse du Zambèze est malheureusement encombrante : ces ballots d^étoffe, ces caisses de verroterie, ce bazar parisien en miniature, que ne donnerait-on pas pour les réduire en livres, shellings et six pence 1 Et puis nous charrions aussi le grenier et l'épicerie de toute la caravane. Au départ, nos six wagons attelés étaient entourés de toute la population européenne de Pendroit et d'une foule de Ba-Mangwato. Après avoir passé les dernières huttes de la ville et congédié les derniers de nos amis, nous avons cheminé silencieusement. Le ciel était étoile, Pair frais et vif. On n'entendait que le cahotement des roues, les coups de fouet, et les « trek » (huel) des conducteurs; on ne se sentait pas d'humeur à causer. Quel digne homme que ce Ehama ! quel ami que Kqaté ! disait quelqu'un de temps à autre sans commentaire. Voyez-vous ces deux bœufs de trait ? c'est la salutation de Khama; cette belle génisse noire? celle de Knaté. Ces trois vaches laitières viennent de M. Whiteley; ce sac de maïs, cette viande salée, de M. Beaumont, le boucher de Schoshong ; ces huit poules, de la basse-cour d'un jeune commis, et les poules sont rares ici; ces chèvres, ces moutons à grosse queue, de M. et M"« Clark et des principaux membres de l'église. Voilà encore des citrouilles, des pastèques, du lait caillé, du millet.
Et pourtant Schoshong est un endroit des plus secs et des plus arides. C'est une amère ironie, pour le missionnaire, que de décorer du nom de jardin l'enclos qui est devant sa maison. Ce n'est qu'une aire brûlée par le soleil, il n'y croit que des chardons et quelques mimosas rabougris. Ceux qui ont la passion du jardinage essaient, à force de soins, de faire croître un seringat, un oléandre, une grenadille, un chou qui ne pomme jamais, et deux ou trois tètes de salade qui sont dures en naissant. Et malheureusement les affaires vont mal; le commerce qui s'épuise ira chercher fortune du côté du Zambèze. Les autruches et les éléphants portent plus loin leurs plumes et leur ivoire. La terreur qu'inspire le nom des Ma-Tébélé, et qui, depuis des années, tient les Ba-Mangwato sur le qui-vive, leur interdit la chasse. Les marchands disent qu'ils ne. vivent que sur leurs économies; chacun cherche à liquider et à quitter le pays.
Nous avons voyagé assez rapidement depuis que nous avons quitté Schoshong. Le lendemain plusieurs de nos amis sont encore venus nous voir par des chemins de traverse ; deux d'entre eux nous ont encore remis des moutons. Nous en avons maintenant vingt-six, plus cinq vaches, sans compter le petit troupeau d'Aaron,
Tévangéliste de Séléka, qui s'est joint à nous avec sa famille. C'est lui qui conduit le tombereau traîné par deux bœufs qui supportent le timon, et par six ânes qu'il a fallu dresser. Rien de plus drôle que ce singulier attelage. Les bœufs, qui se sentent disgraciés, donnent des coups de cornes ; les baudets ne s'émeuvent pas, ils sont placides à l'excès. On les harnache, on les pousse, on les bat, leur humeur ne sort jamais de son assiette. Ds ne s'arrêtent pas dans les mauvais pas, mais il ne faut pas non plus les presser en bon chemin. Si vous ne savez pas la patience, ils vous l'apprendront. Nous voyageons comme les patriarches. Nous avons en tout une vingtaine d'ânes, grands et petits. Nous espérons les dresser et en faire de bons attelages pour les régions infestées de la tsetsé, mais quelle sérénade ils nous donnent !
Tout a bien marché jusqu'à notre cinquième étape, mais en traversant un endroit de sables profonds, deux de nos wagons se sont arrêtés, et nous avons dû doubler les attelages. Dans le Transvaal, c'eût été une bagatelle, mais ici, dans le pays de la soif, où nous savions avoir devant nous quinze jours de ce même sable, nous avons été inquiets de cet arrêt. Aussi avons-nous jugé prudent d'envoyer un messager à Schoshong pour demander un wagon qui pût reprendre une partie de nos effets. M. Whiteley est venu à notre secours avec son wagon et des bœufs de Khama. Le désert ressemble beaucoup à la contrée entre le Marico et Schoshong; partout de l'herbe plus ou moins desséchée, des buissons épineux et parfois de vraies forêts.
Kané a au moins sept puits ; ce ne sont pourtant pas des sources. Il y a cinq ans, on ne trouvait qu'un peu de boue dans ces trous, aujourd'hui les puits sont pleins. Une pluie prolongée a fait tomber le thermomètre de 35** à 15<*. Nous sommes réduits à nous recoquiller de notre mieux dans nos wagons humides. « Tant pis pour le thermomètre, » s'écrie gaiement Jeanmairet, « il fait froid. » Et personne ne le contredit, mais la naïveté de cet aveu provoque un éclat de rire qui nous réchauffe. « Il n'y a pas de tropiques, je n'y crois pas, » disait-on, en s'affublant de son manteau.
En réponse à la lettre de Robosi, roi des Ba-Rotsé, qui demandait que Khama nous aidât en route, celui-ci nous envoie Makoatsa, un de ses gens, avec quatre hommes pour nous accompagner jusqu'à Lialui. L'un a charge du bétail en laisse; un autre, des moutons; un troisième, des ânes; le quatrième soigne un beau cheval que Khama envoie à Robosi avec une belle carabine. Makoatsa doit veiller à ce qu'ils fassent bien leur service. « Si vous ne vous acquittez pas bien de votre devoir, » leur dit-il, « et que vous tracassiez l'ami du chef, lui ne voudrait pas porter la main sur vous, car c'est un homme de Dieu, mais je suis Makoatsa, moi, et je vous ferai manger du bâton, et au retour c'est au chef que vous aurez affaire.» Khama nous a prêté ces hommes sans salaire. En attendant, l'un d'eux qui nous servait de guide dans la nuit, a failli nous perdre dans les bois et nous causer de graves accidents, et aujourd'hui il a égaré les bœufs. L'état sanitaire de l'expédition est excellent.
BIBU06RAPHIE >
VOÏAOEB, AVEKTI1KE8 ET CAPTIVITÉ; DB J. BoNSAT CHEZ LE» Ai
par Jules Gros. Paris (Pion, Nourrit et C"), 1884, iii-18, 28( avec gravures et carte, 4 fr, — C'est un récit d'aventures, mats tures authentiques, qu'a écrit M. Gros. Comme il avait été l'i sonnel de Bonnat, et l'avait aidé à se faire coonaltre, nul mieu; n'était à même de racooter l'histoire de ces voyages de dix ai de cette captivité de cinq ans chez les Achantis. Il l'a fait sinct k l'aide de documents précis, des lettres de Bonnat à sa fami ses notes de voyage. Rien n'a été inventé, ni embelli. Les évé qui se déroulent sont assez extraordinaires eu eux-mêmes pour q pas été nécessaire de les rendre plus étranges encore. Ce ferme Bonnat de devenir un émule de Livingstone, ce dédain des i cette confiance absolue en Dieu qui lui faisait surmonter tous li des, ces deux expéditions avortées du capitaine Magnan, r dans le premier chapitre, ces voyages divers enfin, pleins de p poignantes, ne constituent-ils pas le plus beau cadre qu'un n ptt imaginer? Pourquoi faut-il que cette noble vie ait été fai moment où la gloire et la fortune lui souriaient? Du moins le en restera fixé dans le cœur des nombreux amis qui ont r 17 janvier 1883, à Pont-de-Vaux (Ain), un hommage mérité l pide explorateur, dont le nom demeurera attaché â l'histoi découverte et de l'exploitation des gisements aurifères de Wa nom de Bonnat's Hill a été officiellement donné aux établisseï la compagnie minière française de la Côte d'Or, sur la crê colline de Taquah.
L'AFHHiCE. Choix de lectures de géographie, de résumés, ses, de notes explicatives et bibliographiques, par L. Lanit (veuve Eugène Belin et fils), 1884, un fort vol., in-12, 920 pa ôl gravures et 41 cartes; 6 fr. — Les livres de classe, destiné seignement de ta géographie, pèchent d'ordinaire par une grauc resse'. On veut être clair, se borner à des indications sommaii ne pas surcharger la mémoire de l'élève, et l'on rend un préci force de concision. Le plus souvent on élague les sujets qui ii raient le plus : mœurs, institutions, coutumes des peuples, co indostrie, en un mot, ce qui constitue la vie des sociétés. C'est
' On peut se procurer à la librairie H. Georg, à Genèfe et à Bàle outrages dont il est lendu compte dans V Afrique tiplorie et civSUie.
tre, dit-on, d'expliquer les vagues aperçus du manuel; à l'élève, de lire de bons ouvrages en dehors des heures de classe, et de compléter son instruction. Mais le choix des lectures est diflScile ; puis, comment suivre les progrès si rapides de la géographie? comment connaître tous les livres qui paraissent et dans chacun desquels il y aurait quelque chose à glaner ? Cette œuvre exige évidemment trop de temps pour pouvoir être accomplie par les instituteurs et leurs élèves, aussi commence-t-on à faire des anthologies géographiques spécialement destinées aux écoles. MM. Raflfy, Cortambert, Blanc, ont ouvert une voie féconde dans laquelle M. Lanier les suit avec succès.
Puisant les éléments de son « Choix de lectures » dans les ouvrages originaux des derniers explorateurs et dans les meilleures revues, il a laissé parler les voyageurs et les savants eux-mêmes, ne prenant de leurs descriptions que les morceaux les mieux écrits et les mieux pensés, élaguant les récits imaginaires, les tableaux fantastiques ou inexacts. Il a cherché, en un mot, à donner à ses lecteurs des connaissances solides, tout en les récréant. Des notes explicatives, des analyses, complètent le sens des citations, qui sont précédées de résumés, de notions de géographie physique et politique, que, pour notre part, nous trouvons encore trop longs, puisque l'ouvrage n'est pas destiné à remplacer un manuel, mais à en faciliter l'étude. En revanche, nous considérons comme excellente, l'idée d'avoir placé à la fin de chaque chapitre une bibUographie des ouvrages les plus remarquables et des meilleurs articles périodiques parus dans les trente dernières aimées. Ce répertoire commode évitera aux maîtres de longues et ennuyeuses recherches qui, bien souvent, n'aboutissent pas \ Des gravures, malheureusement en trop petit nombre, sont semées ça et là dans le texte. Quant aux cartes, elles sont bonnes en général; quelques-unes, cependant, auraient dû être mises à jour, ainsi celle des Grands-Lacs, qui fait communiquer le Tanganyika avec le Nil-Alexandra; celle de l'Abyssinie, qui donne au lac Tzana une forme aujourd'hui reconnue fausse.
Quoi qu'il en soit, nous ne saurions trop recommander aux instituteurs l'achat de cet ouvrage, au moyen duquel il feront passer à leurs élèves bien des heures de délassement.
Association internationale du Congo. Mémoire sur les observations météorologiques faites à Vivi (Congo inférieur), et sur la climatologie de
^ Nous avons été surpris de ne trouver nulle part la mention de notre journal^ qui, par sa spécialité, aurait dû, semble-t-il, attirer l'attention de Fauteur.
la côte sud-ouest d'Afrique en général, par A. ron Danckdmann, D-Phil. Berlin (A. Asher et C°), 1884, in-4°, 92 pages avec gravures et carte. — Ouvrage intéressant, rempli de chiffres, et d'oîi la sécheresse est exclue, grâce au texte qui explique et résume les résultats obtenus. Il y est joint deux gravures, représentant la station de Vivi, et la carte de l'Afrique équatoriftie par Cbavaune dont nous avons déjà parlé.
Les observations faites à Vivi peuvent fournir une base sûre, pour apprécier les conditions de température de la contrée si découpée oii coule le Congo, entre Stanley-Pool et l'Océan. Située sur une colline, à 113" euviroQ au-dessus de la mer, la station jouit d'un climat chaud, sans être cependant aussi brûlant que la proximité de l'équateur pourrait le faire croire. Le minimum de température observé, de mai 1882 ù. juillet 1883, a été de 12°, le 29 juillet 1882; le maximum, de 36°, le 5 novembre. La température du sol, fournie par un thermomètre placé i 0",25 de profondeur, a varié de 24° à 26'',3 ; celle de l'eau du Congo, de 24°,6 à 28°,9. Quant aux pluies, il en est tombé en tout un mètre pendant les 86 jours pluvieux de l'année; des observations faites sur d'autres points de la région occidentale accusent une moyenne plus forte pour le Gabon (2'',5 ; 150 jours pluvieux), et plus faible, pour Loanda C0",3; 30 jours pluvieux). La ville même de Mossamédès ne reçoit presque jamais de pluie.
Le substantiel mémoire de M. von Danckelmann donne encore de précieuses informations sur l'état du ciel, qui, pendant la saison sèche, est gris de plomb et voilé, jusqu'à 15° ou 20° au-dessus de l'horizon, par la vapeur et la iimée. se dégageant des incendies répandus en grand nombre dans la prairie, sur la direction et la force du vent, sur les orages, etc.
Il faut espérer que, par suite du développement de la civilisation dans la région équatoriale, il s'y établira une chaîne d'observatoires météorologiques qui fourniront des documents suivis sur le climat de cette contrée. La comparaison de ces résultats avec ceux obtenus dans les stations des zones tempérées et glaciales présentera une grande utilité, car elle permettra de suivre pas à pas, de l'équateur au pôle, les grands courants atmosphériques, et de perfectionner les théories relatives h la circulation des vents, h la distribution des pluies, etc.
Le ZaIse et les contrats de l'Absocutiom internationale par C. Matjalhaes. Lisbonne (Typ. et lit. de Adolpho, Modesto et C°), 1884, in-8, 32 pages. — L'auteur de cette brochure, qui n'est que la reproduction d'une conférence faite le 21 juin 1884, devant la Société de
ie de LisboDDe, est le connnaadaDt de la canoDDÎëre, le Bengo, i, comme ou le sait, un certaiu rôle dana les événements dont 1 Congo a été récemment le théâtre. Défendant les intérêts de il parle des factoreries portugaises établies au nord du Zaïre : fleuve même, et en évalue le nombre à 70; d'autre part, il 'il ne s'en trouve pas une seule au sud du fleuve jusqu'à » qui n'empêche pas le portugais, que les indigènes appellent I des blancs, d'être le seul idiome employé dans les rapports iaux. Après avoir montré que les rapides du Quilou et du ipêchent les voies projetées par Brazza et Stanley pour atteiney-Pool, d'être praticables, et réduit la fameuse route de Stanng des cataractes, à une simple bande de terrain débarrassée sur 6 à 8 mètres de largeur, M. Magalhaes veut aussi donner ion au problème, et propose d'établir un chemin de fer, du Pool \, par San-Salvador. U fait ensuite, à un point de vue tout ;, le récit abrégé des essais de colonisation française et belge, et )ar quelques mots sur la situation peu brillante de la Guinée le'
m GBAMMAiRF. EN LusouE voRUBA. Lyon (Séminaire des misicaines), 1884, in-8°, 117 p. — Lee missionnaires, les voyageurs lologues utiliseront cet ouvrage autographié, que l'auteur appelle nent un Essai, mais que l'on peut regarder comme la gramnaplëte d'une de ces nombreuses langues africaines si intéresles missionnaires protestants, S. Crowther, Boweu et Wood en donné la grammaire et le dictionnaire. Pensant que nos lecittendent pas de nous une étude détaillée de l'alphabet, de la a des mots, de la grammaire, de la syntaxe yoruba, nous nous is à signaler ce livre et à dire qu'il s'agit d'une langue mte et monosyllabique. C'est une vraie langue et non un diar les racines et les procédés de formation des mots permettent e la pensée sous toutes ses formes. Loin d'être formée d'un I sons durs et discordants, comme c'est le cas pour le langage m, eUe est au contraire, dit l'auteur, riche, harmonieuse, part oi^anisée et d'une grande douceur.
jiBUE ET FÉTicBEcas, par le R. P. Baudin. Lyon. (Séminaire ions africaines), 1884, in-8'', 112 p. avec gravures. — Les mis- >s catholiques de la cOte de Guinée ne se contentent pas deconj indigèues au christianisme ; ils étudieut de près la religion des
nègres, observeDt les prêtres qui la pratiquent, et il paraît que, dai domaine, il y a encore bien des découvertes à faire. Sous le culte i sien et cruel qui attriste l'Européen, se cache un ensemble de doct où le spiritualisme tient une large place. A la base se trouve la croj fondamentale en un Être suprême, Créateur de l'univers ; puis vie nombreuse suite des autres divinités qui rappellent le polytbéismi peuples anciens. Dans le fétichisme qui, à travers toute l'Afrique i loriale est partout le même, avec des noms différents pour les iè suivant les pays, on est étonné de retrouver de frappantes anal iivec le système mythologique de l'ancienne Egypte, C'est de là q venue cette demi-civilisation, qui s'est répandue chez les peuples région centrale et que les guerres leur ont t'ait perdre en grande pi Le paganisme des noirs n'a pas été créé par eux ; ils l'ont reçu du I et les coutumes qu'ils ont conservées, les doctrines qu'ils profe aujourd'hui, ne a'aceordant guère avec l'état barbare dans lequel irouvent, montrent qu'ils sont en pleine décadence.
Es ALfjÉRiË. Trois mois de vacances, par Kohn-Ahrest, Paris Delagrave),1884, in-S", 188 pages, avec gravures, fr. l.20.^0upoi diviser cet ouvrage en deux parties distinctes ; l' le récit du voyagt licEcription géographique ; 2° un aperçu historique sur la conquèi l'Algérie et les diverses guerres dont elle a été le théâtre. Rien plus intéressant que de suivre M. Kohn-Abrest, et de visiter succei ment avec lui, Alger, BoufFarik, Blidab, les bains de Hammam-Eir M. Arlès-Dufour a ressuscité une partie de l'Algérie romaine, puis et Tlemcen, et enfin Constantine et la région côtière orientale, La ration se lit sans peine, car à chaque pas le voyageur fait une remi originale et fait toucher du doigt, par Je parallèle qu'il établit l'état de l'Algérie il y cinquante ans et la situation actuelle, les pr immenses accomplis en si peu de temps, pour en tirer cette conch qu'il faut renoncer à l'habitude de contester à la race française aptitude à la colouisation. La seconde moitié du volume est cous aui-écit de l'établissement de la domination française, qui a déjà souvent fait, mais que l'on relira avec plaisir, et oii l'on trouver >'ues originales et bien des détails peu connus. M. Kohn-Abrest véritable talent de narrateur et nous l'engageons vivement à pours ses promenades dans d'autres régions de l'Afrique française.
MADAOAflCiLB, par Louis Pavlliat. Paris (Calmann-Lévy), 18S4, 144 pages, 3 fr. ~ Cette brochure mériterait plutôt le nom d'Hl
de la colonisation française à Madagascar, puisque, à part quelques lignes de la préface, il n'y est question, ni de la géographie physique ou politique, ni de l'étude des richesses de l'île. L'auteur se borne à faire le récit des diverses tentatives de la France pour s'établir sur la Grande- Terre, de 1642, date delà concession accordée par Richelieu à la compagnie Rigault, jusqu'à notre époque. D divise cette période en trois parties : la première, de 1642 k 1816, comprend entre autres les fameux essais de colonisation de Bényowsky, à la fin du siècle dernier ; la deuxième, de 1816 à 1845, et la troisième, de 1845 à nos jours. Les derniers chapitres sont consacrés aux événements récents, que M. Paulliat conduit jusqu'au bombardement de Tamatave. Pour lui, l'inefficacité des moyens de coercition employés jusqu'ici étant suffisamment constatée, une marche sur Tananarive pourrait seule amener les Hovas à composition. La narration bien menée, présente un intérêt soutenu. Quant au ton général du livre, il nous suffira de dire qu'il est dédié à la mémoire de l'amiral Pierre, bien connu pour l'énergie avec laquelle il a défendu les intérêts français.
La Tunisie. Son passé et son avenir, par P.-H. Antichan, Paris (Ch. Delagrave), 1884, in 8**, 298 pages avec illustrations, fr. 2.90. — On a tant écrit, ces dernières années, sur l'expédition tunisienne, que le sujet semble épuisé, mais M. Antichan, qui nous la raconte par le menu, a su introduire dans son récit des détails inédits qui en rendent la lecture fort attachante. Du reste, son livre ne se borne pas à cette narration. Dans la première moitié du volume, il fait l'histoire de la Tunisie, c'est-à-dire celle des invasions successives des Phéniciens, des Romains, des Vandales, des Arabes et des Turcs, et il arrive à cette conclusion, que, si la Tunisie a été si souvent conquise, c'est à cause des richesses dé son sol, qui excitaient la convoitise des peuples du bassin méditerranéen. Puis, abordant directement l'expédition française, il nous parle des fameux Eroumirs, à l'existence desquels il croit parce qu'ils ont été signalés par des voyageurs sérieux, de leur pays et de leur genre de vie. Le récit de la rivalité des deux consuls italien et français, de la campagne de 1881, delà marche du général Bréart de Bizerte à la Manouba, et de la conclusion du traité de Kassar-Sald, fait d'après les derniers documents, ne contredit cependant sur aucun point essentiel ce qui avait été écrit précédemment sur ce sujet. Enfin l'auteur termine en donnant son opinion sur la réorganisation de la Tunisie. Il demande, en particulier, la création d'une armée coloniale, desideratum si souvent formulé, l'agrandissement du port de Bizerte et la mise à exécution du projet Roudaire.
BUUJETIH MEHSUEL (3 novembre 1884.)' .
M, Soleillet est arrivé du ClioaàObock, d'où il rentrera en France. Avant d'être reçu en audience de congé par Ménélik, il a eu la satisfaction de voir arriver à Ankober, et sous la direction de M. Léon Chefneux, une caravane à laquelle s'étaient joints le capitaine Longbois, envoyé par le président de la République française pour remettre au roi une lettre et des présents, ainsi que pour déterminer le cours de l'Haouasch, et le capitaine Pinot avec un convoi de marchandises diverses. Quant à la station d'Obock, les grandes chaleurs de l'été et la rareté de la main-d'œuvre indigène ont créé de grandes difficultés à ceux qui sont chargés d'y établir le fort, le parc à charbon, le phare et Tappontement décrétés par le gouvernement français. L'eau potable, abondante après la saison des pluies, est devenue extrêmement rare. Le jardinage,. qui avait tout d'abord donné d'excellents résultats, a dépéri. La maind'œuvre indigène a diminué par suite de l'adoption de certaines mesures fiscales, dont le résultat a été d'éloigner du nouveau port bien des gens qui n'auraient pas mieux demandé que de le fréquenter. L'occupation par l'Angleterre, de Berberaet deZeïla, sur la côte du pays desSomalis, a engagé la France à faire occuper Tadjoura, sur la baie de ce nom, un peu au sud-ouést d'Obock. M. Soleillet y a planté l'année dernière le drapeau français, et a fait reconnaître le chef du pays, Abou-Bel^r, comme protégé français. C'est par Tadjoura que passent toys les voyageurs qui, d'Obock, se rendent dans l'intérieur, au Choa en .particulier,
M. Hanford, missionnaire à Frère Tovro, rapporte à la Cfiurch Missionary Intelligence^ que les maux causés parla famine augmentent chaque jour. « La vue des gens affamés qui se présentent à ma porte,» éçrit-il, « est désolante. Pas dejouroU il n'en vienne de Rabaï ou d'autres lieux. Us arrivent ici pour chercher du travail, gagner quelque argent, et aussi pour relever quelques mangues qui tombent constamment des arbres, et qui, dans ce temps de disette, sont la propriété commune. Je dois dire que nos gens sont très bons pour eux; ils leur donnent non seulement un gîte pour la nuit, ma|s encore souvent une partie dçs mets de leur table. Pareille famine ne s'est pas vue depuis
' Les matières comprises dans nos Bulletins mensuels et dans les Nouvelles corn- ^ilfmenpa,iresj sont cis^ssées soiyi^nt un prdre géogri^phiqjie ^constant, partant de PÂlgérie, puis allant, à PEst, longeant ensuite la côte orientale du continent et reyenant par là côte occidentale.
l'aFRIQVE. — CINQUIÈME INKÉE. — N^ 11. 11
ans au moins. La priocipale cause eo «et le fut que la aecionde I a manqué, foule des deroikes plaies. Beaucoup ont été léduiu telle extrémité qu'ils ont été obligés de se servir du graio rteervé 38 semailles; ils n'ont donc pas pu semer, aussi le prix des vivres il très élevé pendant douze mois encore. L'alimentation consiEte te espèce de radnes, d'herbes, etc.,d'oli résultent quantité de cas Jadie, surtout de dysenterie. > M. Hanford s'est rendu à Kamlila station missionnaire du ûiriama, et, à propos de cette excar- I ^oute : i A mesure que nous avançons, nous voyons passer, les près les autres, des ^milles avec leur avolt", se rendant, elles ue , ob, en quête de quelques vivres. Les pauvres mères et enfonts ii décbamés qu'on peut compter leurs côtes; prêts à tomber sèment, ils sont dans un tel état de prostration qu'ils passent ) de nous sans faire attention & nous, comme s'ils ne nous apercepas. Des centaines périront, car même si la pluie arrivait ei^n, ait trop tard pour sauver les récoltes. Tout ce qui -pouvait être ï, y compris tes racines, a été consommé ; beaucoup n'ont pas la force de prendre une bêche pour chercher quelque racine. > jtation de Uendwé, de la Société des Missions de Londres, oti titaine Hore préside à la reconstruction du vapeur, la Sonneille^ transporté par sections au sud du Tanganyika, a aussi souffert lamine, ensuite des incursions faites aux alentoun par les Wonget les Arabes. Les indigènes ont dû vivre de racines ; un grand "e d'entre eux ont été vendus comme esclaves aux trafiquants, en ge de vivres, en sorte qu'il en est peu resté auprès des missioDoaiependant ceux-ci ne doutent pas, qu'avec le temps, le pays qui est jrUle ne se repeuple. Quelques natifs ont construit leurs huttes e voisinage du chantier ob l'on remonte le vapeur, disant qu'ils se it en sécurité pendant que les blancs résident auprès d'eux. Iiefe ont envoyé leur bétiùl à la station pour qu'il y fttt protégé, ce ouve que les missioDDaires ont gagné la confiance des indigtaes. are que le montage du vapeur avance, ils sont extrêmement sure cette oeuvre énorme; il en vient de loin, avec leurs cheb, pour le au premier abord ils sont comme stupéfaits; ce qui les étonne le :'e6t que l'on ait l'idée de faire flotter sur l'eau une telle masse de ; ils sapposent que les missionnaires ont pour cela des moyeos qui int de la magie.
le consul OfVelH, parti en avril de Mozambique, ponr le Zambtee Thirê, afin d'aider au capitaine Foot, consul du district du Nyassa,
à létaUir la paix sur le <îbibré« a gagg^.la statioo de Bdaatyoe par une
route de terre eotièremeDt nouvelle. Quittant le Ghiré à Clûronjî, par 16 ""S?' lat. and, il a passé à Teat des ^i^frictades Ma-^Kololo, révokés easuite de la mort de lenr ckef Ghipiteida, et il a relevé, par des éheer- ▼atioBs astrononûques, la position de plnsieiirs localités : Mlolo, Maaasomba et Milaoji. A Blantyre il a décidé de &ire une séried'obser* vations, pour en fixer la longitude exacte, afin d'avoir un méridien dans TAfirique centrale ori^tale. Mi de la plus haute importance, pense-t41, pour le relevé de cette région *. Le capitaine Foot écrivait de filantjTe, le 8 juillet, que ses négociations avec les Ma-Kololo, pour la réouverture du Chiré, étaient en bonne voie, mais que les troubles de ce distnet l'avaient empêché de &ire, comme il Tavait compté, un voyage au Tanganyika. En mars il avait fait, à l'ouest et au nord du Clûroua, une excursion dans laquelle il était monté au 8(Nnmet du mont Chaoni, à 1300^ d'altitude^ d'où il avait vu le lac Chiouta, découvert peu auparavant par M. O'Neill. « La vue dont on jouit de ce sommet, » écrit-il, « est très étendue; elle embrasse le Chiré, les lacsPamalombé et Nyassa, le pic Mangoche, au nord, le mont M'iangi, à 100 kilom. au sud, Zomba au S«-0., avec la silhouette des montagnes au delà du Ghiroua, dont les eaux s'étendent presque au pied du spectateur. Le climat de ces hauteurs convient à la santé des Européens. » — Malheureusement depuis le retour de cette excursion» M. Foot a été pris d'un accès de fièvre auquel il a succombé.
M. 1^. O. M'KwAB, chargé de diriger, après la mort de M. J. Btewart, la construction de la route du Nyassa au Tanganyika, est arrivé à ChiroDJi, sur le Chiré, à bord de la Xodj/ Nyassa, après avoir été retenu près de la côte pendant plus de deux mois, par l'état d'insurrection ob se trouvait le pays. Les esprits paraissaBi se calmer, U avait pu se mettre en route, et espàrait arrivor à Blantyre le 26 juillet. Préparé avant son départ aux observations astroncmiiques, par les soins «te la Société de géographie de Londres, il pourra déterminer d'une manière précise la irnîtion des lieux importants qu'il visitera.
Dans l'Assemblée gén^le de la Sedété coloniale allemande tenue A
^ Nous pensons que la détermination exacte de la position de Blantyre, d'après le méridien de Greenwich, adopté réeemment à Washinglon comme méridien înittal par la grande nugorité des États oÎTiiisés, serait salfisaote.
£n ce qni.novs concerne, nons-noias oonformeixms, ponr Yiodicatâon 4es leogii«4es»'à la décision du Conarès de Washiaglon.
Eisenach, le 21 septembre dernier, M. Lûderitz a fourni des enseigne- . ments précis sur le but de la^derùière expédition iquMl a eûvoyée pour exiploirer le territoire qu'il a acquis au nord du fleuve Orange, et nommé aujourd'hui le. Lûderitzland.Elle essaiera d'abord d'entrer danâ le fleuve, doM la barre passait jusqu'il pour infranchissable. Dans un voyage qu'il fit Tannée passée à Ang^ra-Fequena, le capitaine de la canonnière le Nautilus exprima un avis contraire, auquel se rangea le commandant de la Meta^ les cartes marines de cettepartie de la côte étant défectueuses, par suite du peu d'intérêt qu'on attachaât à cette région. M. Lûderitz a voulu, au mois de février de cette année, essayer de franchir cette barre, avec la Meta qui ne tire que 2" d'eau, mais le vent du S.-E., qui soufilait alors violemment, ne lui permit pas d'approcher de la . côte. L'expédition actueHe composée de M. Pohle de Freyberg, du D' Ad. Schenck de Bonn, du D*" Schinz de Zurich, et de M. de Jongh d'Amsterdam, plus six mineurs de Freyberg, devra, si elle peut forcer la barre de l'Orange, remonter le fleuve aussi haut qu'elle le pourra et en explorer la rive septentrionale. A cet effet elle est pourvued'instruments, de tentes, de vivres, d'armes et d'articles d'échanges pour les indigènes. M. Lûderitz a appris que la rive septentrionale de l'Orange estriche en fourrage, eu gibier, et que les tribus indigènes qui l'habitent élèvent de grands troupeaux de bestiaux. Il y a en outre des exploitations d'or . d'alluvion. Dans tous les cas, il sera possible de commencer h cultiver le sol dans le voisinage du fleuve. Lorsque cette rive aura été explorée en tous sens, surtout au point de vue minéralogique, Texpédition débarquera sur tous les points abordables, et entreprendra, aussi loin qu'elle le pourra, l'exploration de l'intérieur du pays. — Outre le fer et le cuivre, dont plusieurs gisements se trouvent près de la côte, il existe près de Pomona un gisement <le plomb argentifère. L'exploration dfra quelle en estla puissance, et si l'exploitation en serait rémunératrice. MM. Pohle . et Schenck exploreront soigneusement les gisements déminerais, pendant que M. Schinz s'occupera surtout de la flore. Les mine^irs entreprendront des sondages, et M. de Jongh, qui sait un peu la langue des Naonaquas, servira d'interprète, nouera, des relations commerciales avec les indigènes, et éventuellement pourvoira à la fondation ultérieure de factoreries. Sur la route d'Angra-Pequena à Béthanie, M. Lû^leritz connatt 11 sources. Le plateau de Tsirup paraît avoir été autrefois nit bassin lacustre; le terrain consiste. en une argile rouge; si l'on peut y forer des puits« peut-être l'agriculture pourrart*eUe y prospérer, ta phiîe y tombe rarement, mais lorsque le sol en reçoit quelque peuil ^ tr^Bsforine
eq.un vaste t^^pia d'herbe et de fieurSi qui témoigne de àa grande fécon-i dite. Les jardins, de- Béthanie^ arrosés par des canauï dont Peau est: prise de la rivière qui y passe, produisent en abondance du maïs^ de; l'orge, des gtrouilles, des figueSr des bananes et^u yin.
Pour obvier au manque d'eau, M. Lûderitz enverra prochain^nent, » a?ec son brick le Tilly^ une nouvelle expédition, pour creuser des puits artésiens, d'abord dans le voisinage d'Angra-Pequena, puis, dans l'inté-' rieur le long du.dierain de Béthanie. Si ce forage réussit, en pourra songer à la colonisation. Quant à l'exploration minière,']'iDgénieurPrescher. a trouvé, dans une vallée pourvue d'eau et d'une herbe abondante, un* gisement oit le minerai de cuivre est à découvert sur une superficie de 2 milles carrés anglais, et contient 57, 18 Vo de éuivre; il en a trouvé deux autres d'une. épaisseur de 2 à ô"^, .
Nous résumons ici les dernières nouvelles fournies par le Mouvetnènt géographique de Bruxelles, sur les travaux des explorateurs belges dans le bassin du Cong^o. Sur le bas^fleuve, le D' Van den HeuVel va quitter Banana, reeondu,isantà Zanzibar sur la Ville d/Ostende, voilier de l'AssO' . ciation internationale, 150 Zanzibarites dont le terme de service est expiré. — MM.; J. Chavanne et Zintgraff ont entreprisi l'exploration du Mpozo, aflSuent du Congo, et espéraient pouvoir le remonter jusqu'à San-» Salvador* — Alsanghila est arrivée la caravane dé 6Q0 hommes qui trans-: porte le Stanley à Léopoldvillê; le steamer remonté «et mis à flot ira par eau jusqu'à Manyanga. — Bans cette dernière localité a passé un déta-» chement de l'expédition de Brazza commandé par le lieutenant Dolizie, aidé de deux adjoints. Il se composait de vingt soldats algériens et de vingt-dnq indigènes ; il venait de Loango, et conduisait à Stanley^Pool un fort ravitaillement pourlami^ion française. Le voyage de Stéphanieville au Congo avait été des. plus difficiles et contrarié par la désertion de presque tous les porteurs. Près de M' Paihbo, sur la Loudima, ils avaient été forcés d'abandonner plus de 200 charges, n'ayant plus d'hommes pour les transporter. Le commandant delà station de Manyanga les reçut fort bien, et s'efforça de les tirer d'embarras pour qu'ils pussent, aller promptement ravitailler M. de Brazza qui attendait leur convoi avec impatience. — En amont de Stanley-Pool, sir Francis de Winton a visité, à bord du Peace, vapeur de la mission baptiste, et en compagnie de MM. C(Hnber et Grenfell les stations de Kimpoko, Msouata et Kouaroouth. Ensuite il a exploré le Qaango, dont il a remonté le cours pendant dnq jours. A son embouchure il a une direction K-E., une largeur d'environ 350^ et une profondeur moyenne de 9". La rive droite est habi-
tée par k triba des Ba^Feimo ; (mn-j reneonti^ auaui Tillage imperUnit avant d'arriver à Mbo, à 50 kilom. da confinent du QtuiDgo et du Congo. Les habîtaats en sont très pacffi ques. Au delà de Mbo la rivière s'élargit; de grandes tles basses et sablonneuses apparaissent et. ne laissent entre dles que d'étroils canaux, accessibles seulement à des steamers d'un faible tirant d'eau. Le troisième jour l'expédition atteignit le grand village de Hbousie, d'une étendue de 4 kilomètres, habité pu* des in<figènes de la tribu des Wa<-Bouma. Leur chef actuel est une femme nommée Monakobé, qui accueillit les voyageurs avec empressement et leur offirit des terrains pour l'établissement d'une station. Les Wa-Bouma sont pôcbeun et marchands; ils vont jusqu'à Stanley-Pool pour y échanger leurs produits contre des étoffes etautres marchandises européennes. En amont de Mbousie, le Quimgo se bifurque ; la branche qui vient du S.-E. est le Quango proprement dit ; cçlle qui descend du N.-E. sort du lac Léopold n, découvert par Stanley en 1882. — Près de la station de Kouamottth, M. de Winton a passé sur la rive droite du Congo, et a rendu visite à Savorgnan de Brazza àN'Ganchou, puis, quittant le Peace et les deux missionnaires anglais qui continuaient leur voyage vers le haut-âeuve, il est revenu à Léopoldville le 19 juillet. — M. Glaive, chef de la station de Loukoléla, a rencontré près de sa station un vaste terrain d'une étendue de plus d'un hectare, entièrement couvert de caféiers sauvages. — A la mort du gnmd chef Seko-Tounghi, le moucounzi d'Ibouga-Wangata, grand village situé près de la station de l'Equateur, les habitants de la localité se réunirent en assemblée solennelle et élurent pour chef des Ba-Koumbé, le lieutenant Van-Gèle, commandant de ce poste, preuve du bon accord qui existe entre lui et les indigènes. D'après des renseignements fournis par M. Van-Gèle, l'Ikélemba ne serait pas, conune on Ta cru jusqu'ici, sur le témoignage de Stanley, le plus considérable des affluents de la rive gauche du Congo. En amont de la station de l'Equateur, le Congo reçoit sur sa rivegauche deux affluents ; c'est d'abord, à 5 kilom. de la station, le Rooki, et à 3 kilom. plus au nord, rikélenibm § or ce dernier n'est qu'un affluent d'une centaine de mètres à son embouchure, comme le Congo en compte beaucoup, tandis que le Bouki est large conune le Congo, et comme lui il est parsemé d'Ues. Il contient toiyours énormément d'eau. Stanley suppose que tou8 les principaux affluents de gauche du Congo sortent de vastes marais situés au nord du royaume du Mouata-Yamvo, et qui ne seraient autres que le lac Sankourou signalé par Cameron ; ce seraient ces marais qui donneraient à toutes ces rivières la teinte noire qui caractérise leurs
:• Vais d'après le lieutenant Van-6èle, le Rouki ne sort pas d'un lac ; c'est* du moins ce que lui à aflErrroé un indigène qui en a remonté le cours, etqû lui a rapporté les noms de 21 grands villages, situés, jusqu'& dix journées de marche, le long de sa rive gauche extrêmement peuplée. Le Rouki reçoit lui-même de nombreux cours d'eau, qui drainent une vaste ré^n. Les éléphants sont nombreux dans le bassin des deux rivières. C'est sans doute h la proximité dès embouchures des deux affluents qu'est due la double dénomination du seul cours d'eau marqué dans les cartes : Ikélemba-Ourouki.
Dans le bassin du Qullou, le lieutenant Spenser Bums, chef de la station^ de Rudol&tadt,a fait à l'intérieur une excursion de trois mois et exploré un territoire encore inconnu, habité par des Ba-Soundi. La chaîne de montagnes qui couvre le pays porte le nom de Cibemba- M'boko; elle renferme deux monts isolés dont la hauteur dépasse 1500", et d'oh la vue s'étend sur toute la contrée d'alentour ; M. Borns les a nommés Victor-Emmanuel et Humbert , et il les a inscrits sous ces noms dans la carte qu'il a envoyée à TAssociation internationale de Bruxelles. La position approximative en est par 3''59'30" lat S. et 13*3r20^ long. E, de Greenwich.
Enfin deux nouveQes stations ont encore été fondées dans la région du Quilou : la première, Arthurville, sur les bords du fleuve, et la seconde, Strauchville ■, sur un des affluents de gauche du Quilou.
Le B' Bmllay est rentré en France, après avoir quitté Savorgnan d« Bk-axza, à Brazzaville, le 28 mai dernier. II a remonté le Congo et l'Alima avec la chaloupe à vapeur, et rapporté une copie des lettres éefaangées entré de Brazza et les agents de l'Association internationale, au sujet du droit reçu de Makoko par l'explorateur français, d'occuper un* point de la rive gauche du Congo. Brazzaville est situé sur la rive droite; mais, dit M. BaUay,les Etats de Makoko sont situés sur les deux rives, et le chef suprême avait accordé à de Brazza une concession à Kinchassa sur la rive gauche, village où le sergent Malamine résida dixhuit mois. Stanley ne voulut pas reconnaître cette concession, et prit possession de toute la rive gauche de Stanley-Pool, oti il fonda quatre posi^, protégés par une batterie de dix canons Erupp établie sur une hauteur qui commande le fleuve. De Brazza fit convoquer les che& de la
* D'après la carte da Congo, tle l'Equateur à l'Océan, établie par l'Institut national de géographie de Bruxelles, la chaîne de montagnes qui longe le Quilcu, dan» son cours moyen, a reçu le nom de monts Strauch.
rive gauche ppur qu'ils reconnussent ses droits, en pi:ésence des agents de r Association^ afin que ceux-ci vissent bien que les indigènes agi^ient de leur plein consentement.. D'abord les agen.ts belges ne voulurent pas venir; puis de Brazza leur. ayant déclaré que leiir absence serait considérée coijuroe un acquiescement h la reconnaissance de son droit» ils firent contester par. leurs Zanzibarites et leurs interprètes non^s le sens des déclarations des indigènes inscrites au procès-verbal delà cérémonie. Il ne resta à de Brazza qu'à s'en référer à son gouvernement> et à faire savoir qu'il considérerait comme insulte au pavillon français toute violence tentée contre le village de Kinçhassa, qt l'affaire en resta là. Elle trouvera sa .solution dans l'accord intervenu entre le gouvernenaent français et l'Association internationale, qui était alors ignoré à Brazzaville aussi bien qu'à Léopoldville.-r-Quant à l'état actuel de la mission de Brazza, elle conipte douze stations établies du cap Lopez à Brazzaville, sans parler de celles de la cote qui relèvent maintenant directement du ministère de la marine ; elle a une chaloupe à vapeur sur le Congo, et en recevra bientôt une autre qui est en route. Les Adouma, peuplade de rOgôoué,.qui peuvent fournir 1200 pagayeurs et qui auparavant n'avaient jamais voulu sortir du bassin de leur fleuve, ont passé, avec les conducteurs de l'expédition française, dans celui du Congo par l'Alima, et pris l'habitude de voyages qui serviront au développement du commerce dans cette région.
Après un temps assez long pendant lequel l'explorat-eur Fle^el n'avait pu envoyer aucune lettre à la Société africaine allemande, il.^t arrivé lui-même à Berlin, où il a exposé à la Société de géographie les principaux faits de son dernier voyage au Béaoué. Parti de Ibi, il a été retenu trois mois à Wukari par la maladie, et en est reparti le 1" décembre 1882, pour traverser de nombreux affluents méridionaux du Bénoué, jusqu'à Katschka, ob des querelles de chefs indigènes l'obligèrent de s'arrêter longtemps. Une guerre avait éclaté entre le chef de Ngaunderé, et celui de Gasaka, un de ses vassaux, sur le territoire duquel le suzerain, pour prélever le tribut, fit uneincursion.de laquelle il remporta un riche butin. Dans sa retraite cependant il fut attaqué, et perdit les esclaves qu'il emmenait, ainsi que les biens qu'il avait pillés. Ces circonstances empêchèrent Flegel de se rendre au Congo, ou tout au moins de regagner l'Océan directement comme il l'avait compté. Muni d'une lettre de recommandation du sultan de Sokoto, il se rendit à Bagnio qui, avec Ngaunderé et Tibati, est un des plus grands marchés d'ivoire de cette partie de l'Afrique. De Bagnio il
envoya des messagers au, prince de Tibati, qui assiégeait différentes villes païennes, et qui lui refusa rentrée de sa capitale, ensorte qu'il dut échanger le reste de ses marchandises contre de Tivoire et se décider au retour. Près de Wassi il traversa pour la seconde fois la ligne de partage des eaux entre le Bénoué et le Garoeroon, puis la région des sources des affluents de gauche du Bénoué, pour déterminer les limites méridionales du bassin de ce fleuve comme Rohlfs Ta fait au nord. Les affluents méridionaux sont, en allant de Test à Touest, le Faro, le Taraba, le Kam, le Cogindongo, le Cogintaraba et le Cogiiikatoschema. Flegel suivit le Cogintaraba à partir de Beti, et le trouva navigable sur une centaine de kilomètres. Au sud du Bénoué s'étend, du N.-E. au S.-O., une chaîne de montagnes de 1300" k 1600" de hauteur moyenne. Les plus hauts sommets peuvent avoir de 2000" à 2300"" ; toutefois le GendoiTO peut bien dépasser 3000". Si Ton peut songer à coloniser dans l'Afrique centrale, Flegel croit que cette région élevée et salubre serait la meilleure. L'examen qu'il a fait des cours d'eau qu'il a traversés lui a donné la conviction que, outre le Bénoué, qui a 1100 kilomètres, les affluents sus-mentionnés sont navigables sur 75 à 100 kilom., pendant 5 à 6 mois, ce qui permettrait de pénétrer par vole fluviale presque jusqu'au pied des montagnes qui forment la ligne dô partage des eaux de ce bassin et de celui du Cameroon. Le sol est très fertile, on y élève des bestiaux ; Flegel estime qu'il est très important d'en maintenir l'accès par le Niger ouvert à tous les peuples civilisés, au lieu de le laisser fermer au profit de quelques-uns seulement.
M. licnoir, capitaine d'infanterie de marine, chargé par le gouvernement du Sénégal d'une exploration ayant pour but d'étudier les ressources commerciales de la Haute-Cazainance \ est heureusement arrivé h Bakel. Parti le 21 juin de Sedhiou, il a visité le Fridou, gagné ensuite la Gambie qu'il a traversée en pirogue à Oualibacounda, pour pénétrer dans le Ouli. La guerre entreprise par le roi du Fridou contre le Kantora, l'a empêché de se rendre dans le Niocolo, province du Fouta-Djallon, visitée en 1881 par le D' Bayol. Il a constaté que le Ouli a été réduit en désert par les marabouts du Bip et du Badibou qui l'ont ravagé. Il l'a quitté pour entrer dans le Bambouk, puis, après avoir passé à la nage le Nieri, il a atteint Goumbel,le 1*' août, en se dirigeant sur Badou.
^ Y. la carte du pays situé entre la côte de Sénégambie et le Niger, IV"^" année, p. 200.
NOUVELLES COMPLÉMENTAIRES
M. Lemay, vice-consul de France à Massaoua, revenu, il y a quelques semaines, d'une mission à Zeîia et à Harrar, est retourné à son poste, chargé de renseigner le gouvernement français sur Fétat du pays où sévit Pinsurrection contre la domination égyptienne; peut-être recevra-t-il une mission auprès du négons.
Deux nouvelles caravanes de missionnaires d'Alger partiront prochainement pour le Victoria-Nyanza et le Tanganyika \ les premiers médecins arabes élevés par les soins du cardinal Lavigerie y seront adjoints.
Le missionnaire Johnson, qui a exploré la côte orientale du Tanganyika et la Loujenda, émissaire du Chiroua, a constaté que ce dernier n'est pas un lac au sens propre du mot, car, dans la saison sèche, il ne forme qu'un immense marécage, et n'a d'eau que pendant la saison des pluies.
Le major Serpa Pinto organise à Mozambique une expédition à la tète de laquelle il explorera le pays situé entre l'Océan Indien et le lac Nyassa. On suppose que, de là, il se dirigera sur le Congo en passant par le Tanganyika. Il aura avec lui 250 porteurs, une centaine de Zoulous, un lieutenant de marine portugais et un photographe anglais.
Pour parer au danger dont la culture exclusive de la canne à sucre à la Réunion menace cette colonie, un certain nombre de colons reviennent à d'anciennes cultures abandonnées à tort, celles du café, de la vanille, du cacao, des plantes tinctoriales et médicinales, etc.
Les essais tentés pour relier par des signaux optiques la Réunion à l'Ile Maurice (140kilom.) ont pleinement réussi. On correspond de Saint-Benoit à Port-Louis, au moyen d'appareils placés sur le piton Lacroix et sur le Pic Vert.
D'après le rapport de miss Graham sur la mission médicale à Madagascar, S50 patients ont été soignés l'année dernière dans l'hôpital de la mission, et 3000 malades hors de l'établissement.
On annonce de Londres que des lettres patentes de la reine vont être publiées, confirmant officiellement l'annexion aux possessions anglaises du Cap, des territoires qui jusqu'ici appartenaient à la Cafrerie indépendante : le Tembouland, le Galekaland et le Bemvanaland. De leur côté, les Boers de la nouvelle république du Zoulouland ont l'intention d'occuper Port-Dumford, au nord de Natal.
La Société de géographie de Lisbonne a reçu des nouvell-es des voyageurs Capello et Ivens, qui ont visité tout le territoire de Monlondo, région fertile, et de M. Carvalho, qui dirige l'expédition en marche pour le pays du Mouata-Yamvo.
 la demande de la famille de l'explorateur Junker, que l'on suppose avoir cherché à gagner le Congo par l'Arououimi ou la Népoko, le comité de l'Association internationale a donné des ordres à ses agents pour que des secours soient envoyés au-devant de lui, à son arrivée sur le haut Congo.
L'expédition de PAssociation internationale, dirigée par le lieutenant Becker (v. p. 224), s'est embarquée le 22 octobre à Marseille pour Aden et Zanzibar.
Une ejcadre allemande, à laquelle sera attaché l'explorateur Gérard Rohlfs, se rendra à la côte occidentale d'Afrique, pour pfbtéger les colonies que l'Allemagne Tient d'y acquérir.
Les factoreries allemandes établies sur la côte occidentale d'Afrique sont au nombre de 44; 34 appartiennent à des maisons de Hambourg, et 10 à des maisons de Brème; il y en a 24 sur la Côte des Esclaves, 13 au Cameroon, 2 dans la baie de Corisco, 3 au Gabon, 1 sur un des territoires de l'Association internationale à Rudolfstadt, et 1 à Angra-Peqnena. Sur l'invitation de M. de Bismarck, les principales maisons de Hambourg qui ont des factoreries dans ces régions, ont formé un syndicat de l'Afrique occidentale, avec lequel le gouvernement allemand pourra entrer en relations.
L'annexion par l'Angleterre du territoire de Wari, à l'ouest du Niger, et la prétention de cette puissance de faire reconnaître comme possession anglaise le bassin inférieur de ce fleuve ne paraissent pas devoir être admises par les principaux Etats invités à se faire représenter au Congrès de Berlin. La question de la libre navigation de ce fleuve y sera posée et résolue, nous l'espérons, dans le même sens que celle du Congo.
M. Yiard, qui a d^à parcouru plusieurs fois les districts du Niger, va y retourner. Déjà en 1880 il y accompagna M. de Semelle; en 1881 et 1832 il visita le Nnpéy dépendant du royaume de Sokoto; cette fois-ci, il se propose d'explorer plus particulièrement le Bénoué.
M. le D<^ Mâhly est de retour de la Côte d'Or. Les propositions qu'il fera au comité des Missions de Bâle pour l'équipement, le vêtement, l'alimentation, l'habitation, le mode de vivre et de voyager, seront sans doute d'une grande utilité pour les missionnaires de cette Société. Pendant son séjour à la Côte d'Or, il en a soigné beaucoup de très malades ; partout il a remis en bon état les pharmacies des stations, et a gagné à la Mission la sympathie de nombreux indigènes auxquels il a donné des soins dévoués; en un mot, il a bien préparé la mission médicale que va commencer le D' $. Fisch.
D'après le rapport du consul des États-Unis à Libéria, la rivière Cavalla, qu'on a remontée en bateau sur une longueur de plus de 300 kilomètres, a une grande importance commerciale ; aux ressources agricoles qu'offrent ses rives, s'f^'oute le lavage de l'or qu'on a trouvé sur ses bords. Le gouvernement des États-Unis a autorisé l'ouverture de deux nouveaux ports, l'un à Niffou, dans le comté de Sinon, l'autre dans le comté de Montserado, et l'établissement d'une colonie à San-Pedro, à la frontière S.-E. de Libéria.
Les colonies anglaises de la côte occidentale d'Afrique vont être reliées à l'Europe par le télégraphe. Le navire, le Silvertown, est parti pour Ténériffe ayant à bord une longueur de c&ble de 2000 kilomètres. Après avoir relié cette lie avec celle de Lanzerote, il ira à Dakar et à Bathurst, puis à d'autres points de la côte africaine.