‹ L'Afrique explorée et civilisée;Chapitre 37 sur 38 · RENSEIGNEMENTS COLONIAUX ET COMMERCIAUX SUR L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS COLONIAUX ET COMMERCIAUX SUR L'AFRIQUE

Depuis quelques années, la situation économique de l'Afrique a subi d'importants changements. Des puissances européennes qui ne s'étaient, jusqu'à notre époque, que fort peu occupées de la question coloniale, ont planté leur drapeau sur plusieurs territoires ; d'autres ont augmenté leurs possessions ou étendu leur influence ; de nouvelles voies commerciales ont été créées et, d'autre part, si la civilisation a triomphé de la barbarie sur beaucoup de points, il en est où, au contraire, elle a reculé. Notre journal a renseigné ses lecteurs à ce sujet au fur et à mesure que les événements se déroulaient; mais il est bon, de temps à autre, de grouper les faits accomplis et de montrer l'ensemble des progrès survenus pendant une certaine période. Or,' le règlement de la question du Congo, les nou^ velles acquisitions de l'Allemagne, les événements du Soudan, l'occupation

Le commerce intérieur de TAfrique est loin d'ôtre facilité par les voies de communication autant qu'il Test dans les autres parties du monde. Quelques fleuves, tels que le Congo, le Nil, le Niger, le Zambèze, le Sénégal, le Limpopo, constituent, il est vrai, de grandes artères commerciales. Malheureusement, ils sont tous plus ou moins obstrués par des rapides, et d'ailleurs ils ne sont guère utilisés comme ils pourraient Tétre et comme ils le seront dans Tavenir. Quant aux routes, elles sont rares; les caravanes du Sahara et de la côte orientale suivent quelques itinéraires, en bien petit nombre par rapport à Ténorme superficie de ces régions.

Voici les principaux :

En Egypte, tète de ligne de plusieurs grandes routes de caravanes, et trait d'union entre TAfrique et TAsie, viennent aboutir : V l'importante voie qui longe la lisière septentrionale du Sahara, parallèlement à la Méditerranée, du Maroc au Caire, par Aln-Salah, Ghadamès et Tripoli, ^lle est suivie par les pèlerins d'Afrique qui vont à la Mecque à l'occasion du Ramadan ; 2^ la route du Ouadal, qui s'arrête à Syout, ou au Caire ; 3"" celles du Darfour et du Eordofan qui, naguère encore, gagnaient le Nil à Khartoum ou à Dongola, et suivaient ensuite le fleuve.

On distingue en outre les itinéraires suivants : 4"" de Kouka, sur le lac Tchad, à Mourzouk et à Tripoli; b^ de Eouka à Kano et à Sokoto, dans le Soudan, et de là à Tripoli par les oasis d'Air et de Ghat; 6"" de Timbouctou à Aln-Salah, à Ghadamès et à Tripoli; T" de Timbouctou à Aïn-Salah et de Ik en Algérie ou en Tunisie ; &" de Timbouctou à Maroc, Fez et Tanger.

La principale voie conmierciale de la côte orientale va de Zanzibar à OuGUiG^i, sur le lac Tanganyika, par Tabora.

Enfin les routes du Cap au Zambèze, par Eimberley et Shoshong, et de Benguela à Moussoumba et à Cazembé, par Bihé, sont aussi utilisées.

Les chemins de fer sçnt encore bien peu développés en Afrique. La longueur totale du réseau ne dépasse pas 6100 kilomètres. La Belgique et la Hollande ensemble en ont davantage.

Ils se répartissent conmie suit :

Pays du Cap et Natal . . 2968

Algérie et Tunisie 2003

Egypte 1528

Sénégambie 300

La Réunion 160

Maurice 106

s'en détache une autre, établie par les soins du gouvernement français, pdur desservir Mayotte, Nossi-Bé et Tamatave ; elle a dû être terminée en juin dernier. La Compagnie ac^'udicataire comptait la prolonger jusqu'à la Réunion et Maurice.

La côte occidentale d'Afrique est moins favorisée que la côte orientale, au point de vue des communications rapides ; mais il est probable qu'elle aura aussi, avant longtemps, sa ligne télégraphique océanique. Depuis 1874, du reste, elle a pu utiliser le câble qui va de Lisbonne au Brésil, en touchant à Madère, aux Canaries et aux lies du Cap Vert. En outre, au mois de janvier 1885, rétablissement de la ligne de Cadix à Ténériffe et à Dakar (Sénégambie) a été terminé et a rendu d'inappréciables services à toute la côte de Guinée. Enfin l'on parle plus que jamais de la prolonger jusqu'au Cap, poiu* desservir le Congo et Angola. Un contrat dans ce sens a déjà été adopté par les Chambres portugaises. Cette entreprise serait sans doute vivement appuyée |en Angleterre et au Cap, ob les interruptions fréquentes des communications télégraphiques avec l'Afrique australe, causées par la rupture du câble entre Mozambique et Zanzibar, ont récemment provoqué la réunion de meetings en faveur d'une ligne par la côte occidentale entre la métropole et la Colonie.

Ainsi qu'on peut le voir sur notre carte, les lignes de navigation entourent déjà l'Afrique d'un réseau serré, surtout dans la Méditerranée, franchie non seulement par les nombreux paquebots qui mettent la France et l'Italie en relations avec l'Algérie et la Tunisie, mais encore par les steamers à destination des Indes orientales, qui desservent l'Egypte en passant. Comme, à partir de Suez, ils ne touchent plus aucun port africain, notre carte n'indique pas leurs itinéraires à travers la mer Rouge et le golfe d'Aden, mais les arrête à Port-Saïd.

La fondation de nouvelles colonies et de nouveaux États amène le développement des services maritimes, et il n'est pas d'année où l'on ne signale la création de plusieurs lignes de paquebots. Actuellement elles sont si nombreuses qu'il n'est pas possible de mentionner avec détails tous les ports qu'elles desservent, les conditions de transport, la durée des trajets. Nous voulons seulement signaler les principaux services maritimes, pour donner une idée du mouvement de navigation africain.

Voici les noms des compagnies et des grands ports touchés, classés suivant les trois routes de la Méditerranée, de l'océan Atlantique et de l'océan Indien.

Laritimi Uger.A p^nie ilexandi dedet

^r,Pl

aérale

Llger.B loaTigt ^ette, A , Nemoi

iléry(f

Uger, D ^vraise

fîdiiteg, Saint-Nazaire, Borde&ui, Oran, Bougie, iibattino, Florio (italienne) :

seitle, Toiiia, Sfax, Tripoli, Alexandrie. I Lloyd (austro-hongroise) :

astaotinople, Alexandrie, Port-Saïd, Suez, ininsulaire et orientale (anglaise) :

>n, Venise, Alexandrie.

sse de navigation & vapeur :

nstantinople, Smyrne, Alexandrie, ne:

)ple, Port-Saïd, Suez, aise :

I, Port-Saïd, Suez, ide: Port-Saïd, î :

'ort-Sald.

1 Khédivié (égyptienne) :

]ple, Smf me, Alexandrie.

(• 4* ■> e*(e «celdeatMle d'Afrique par l'Atlantlqna,

1, Hambourg :

. Madère, Gorée, MonrOTià, Lagos, Cameron, Oabon, Landana,

Kosmos (allemande) :

Hambourg, Saint- Vincent, Amérique du Sud.

Hamburger Sûdamerikanische DampféchiffahrtsgeseJlschaft

Hambourg, Saint-Vincent, Buenos-Ayres.

Mersey Steamship Company :

Londres, Tanger, Rabat, Casablanca, Mogador.

African Steam ship Company :

Liverpool, Le Cap.

British and African Steam Navigation Company :

Liyerpool, Hambourg, Madère, Ténériffe, Freetown, Monrovia, Accra, Lagoe^ Gabon, Congo, Ambriz, Loanda.

Union Steam Ship Company :

Plymouth, Madère, Le Cap, Port Elisabeth, East-London, Natal.

Colonial Mail Line :

Dartmouth, Madère, Ascension, Sainte-Hélène, Le Cap, Natal.

Orient and Pacific Steam Navigation Company :

Plymouth, Saint- Vincent, Le Cap.

Royal Mail Steam Packet Company :

Southampton, Saint- Vincent, Buenos-Ayres.

Messageries maritimes (françaises) :

Bordeaux, Lisbonne, Dakar, Buenos-Ayres.

Compagnie de navigation marocaine (française) :

Marseille, Tanger, Mogador, Canaries.

Société générale des transports maritimes (française) :

Marseille, Saint- Vincent, Buenos-Ayres.

Ligne portugaise :

Lisbonne, Madère, Açores.

Ligne italienne :

Gênes, Saint- Vincent, Buenos-Ayres.

Ligne espagnole :

Cadix, Canaries, Cuba.

m. Boote de 1a e4Vte orientale d'Afrique par 1a Mer Bouffe et roeéan

Indien.

British India Steam Navigation Company :

Aden, Zanzibar, Mozambique, Quilimane, Inhambané, Lorenzo-Marquez Mayotte, Nossibé, Majunga (Madagascar).

Union Steam Ship Company :

Aden, Zanzibar, Natal, Le Cap.

Messageries maritimes :

Marseille, Port-Saïd, Suez, Aden, Mahé (Seychelles), Saint-Denis (La Réunion), Port-Louis (Maurice).

Tj^BLE des Mj^TIERES

Page 1