Rome
notre dôt!vs«o, et si mes' crimes ne sont pas suffisammcMit expics, que voiro bras frappo de sa foudre élincchinte ma tcto odieuse ot la eiladfllc du C;ipilo!c; qu'elle cloîyne Annibnl. Vous scmblez déjà l'avoir éloigne, et c'est pour vous rendre grâces d'i;n si grand bienfait que je viens ici. J'ai craint, je l'avoue, les fureurs, les ruses, les pièges et les batailles simulées de cet cxéci'able chef. Oui, cet homme que sa mère élève jusqu'au ciel et que dans sa démence elle compare aux dieux mêmes partant de louang^^s, cet homme a coutume de s'appuyer à la guerre sur les fraudes et les embûches philôt que sur le courage. Je pourrais opposer à ses éloges les nombreux trépas de mes enfants... La douleur m'en empoche. Cerles, c'est le comble de la cruauté, c'est une abominable impiété, que de s'enorgueillir comme elle le fait do la façon dont tant de généraux ont péri. Mais l'heure est venue mnintenaiit de déployer sa vaillance, si ce jeune héros dans la force de l'âge qu'elle qua'îlle d'enfant n'est point poursuivi par la haine implacable du deslin. Empêchez qu'il no le soit, père tout puissant., et à celle mère inquiète accordez seulement ceci : plus de fraude; que les armées s'avancent en bataille rangée; qu'il soit permis do combattre en rase campagne. Ou l'amour de mou fils m'aveugle, ou vous verrez des batailles mervoillouscs et des blessures qui rappelleront 1 inlame journée de Cannes. Je connais son âme divine qui voit au-dessous d'elle lûutes les choses hunninos, sans que j'admette, suivant le bi'uit public, qu'il soit né dieu. Uion que celte uH'gère excite l'envie par ses paroles, bien qu'elle essaye do rendre à ses brigands les honneurs divins et qu'elle les mclte au nouibre des dieux, je me contente, moi, de la gloire de l'humanité, du magnaniim; Scipion dont aucun temps n'a vu et n". verra l'égal. Je ne m'en cache point, je crois fermement qu'un génie divin enflamme son âme, et je pense qu'il n'y a point de grand homme sans l'assistance de la Divinité,
« Je ne veux pas retenir le Ciel plus longtemps. Ou fa^-orisez mon fds ou restez neutre entre les parties, et empêchez la fraude. La fraude écartée, nous triomphons indubitiblement. .Mais mari- • vale se targue de rho^pilalilé a-cordee à Junon et espère par là émouvoir les dieux. Eilo se fait illusion, elle extravague. Qu'elle reste toujours sous ce nuage ou sous un semblable! et certes eTe y restera*. Pour moi j'ai bâti sur la colline Tarpcicnne le temple
•1.- T.e sens dt? ce pa?''iï:naécliaprié à Ioms les tindnrtfiirspf cnmmi^ntatiinrs. En voici l'exiircaiion : lione, rnm ne l'inr]ir|iie l.i (in .li' «Oii di-courp, entrijvoit déjà l'.Tvèu'iiieut procliain du cbristiaiii=ine. Elle rit <le la cnufiniop ("liiiiir*ii(:|ue qu'inspire à f^iirUiatje la proleitou de .lunon. Elle .=ouliailft que sa rivale soib toujours dupe lie celle erreur ou d'une autre semblable. Celte autre erreur sera la croyance à l'is-
magnifique du maître du tonnerre auquel nous apportons notre encens et nos prières. Dieu veuille que nous le fassions religieusement! Vous pouvez nous enseigner les clioses sacrées, et vous le îerez si la voix du destin que j'ai entendue en mettant le pied dans le ciel ne m'a pas trompée. Ah! que votre cœur compatissant s'ouvre à mes supplications, père céleste, suprême et unique espoir des gens de bien. J'avais ouï dire que l'empire souverain de la terre, de !a mer et de tous les pays quels qu'ils soient qu'enserre le vaste Océan était promis aux descendants du sang latin, mais qui sinon vous peut réaliser d'aussi grandes promesses? Aujourd'lîui je ne demande point la royauté, si ma prière est juste, que la liberté de ceux qui en sont dignes soit respectée, qu'il me soit permis d'écarter de ma tète un ennemi altéré de sang. Si vous ne m'épargnez point, pardonnez à mes descendants qu'une nouvelle religion rendra peut-êlre vos amis '. »
A ces mots, embrassant les pieds du Dieu du tonnerre et les couvrant de nouveau de ses baisers, elle demeura immobile le visage baigné de larmes. Le maître de l'Olympe étoile sourit tout bas à cette prédiction d'un autre âge. Enlin il s'apprête à parler; l'air, frappé de terreur, trembla, les cieux se turent, la terre et les enfers firent silence.
« Nul esprit, dit-il, n'a jamais su ce que l'avenir réservait aux mortels, tant mes dessins sont impénétrables, tant le silence et le mystère sont la loi du ciel. Vous qui prétendez avoir entendu une partie de l'avenir, celte révélation n'a pu vous être faite que dans l'intérieur des parvis célestes. Rien ne saurait transpirer au dehors à moins qu'un esprit ardent purifié par le feu et l'eau ne soit venu ici. Quelques mystères s'en échappent par une petite fente parce que forcé par une grande piété on me fait violence. Mais pour que je les déroule tous en détail, trop peu de choses de tout ce qui se passe maintenant sous le soleil trop peu de choses m'agréent. La vertu, inconnue sur la terre, s'est réfugiée là en se plaignant de vous maintes fois, parce que sur tant de milliers d'hommes elle peut à peine rencontrer un ami. Sera-ce votre pourpre ou votre or qui m'attendriront? Regardez cet espace l'csplendissant du ciel. Serai-je touché par hasard des perles de l'Orient? Ici je suis charmé du spectacle d'un autre orient et des astres qui rayonnent autour de moi; je le suis encore plus de moi même et des chœurs de mes compagnons. Comment dos corps mortels, des membres fragiles, une beaité plus fugitive que les ombres, plai-
lamismequi compte encore à Carthage de nombreux sectnires. Rome a donc raison d'afiirmer que Carthage persévérera dans son aveuglement.