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LES CANOTS INDIGÈNES

morceau do bois, en forme de trèfle, large comme la main. Les rameurs sont assis sur des bancs ; ils manœuvrent maladroitement leurs espèces de pagaies, et ne cessent d'inonder, parles éclaboussures, Icjcanot et l'équipage. Ces embarcations présentent peu de sécurité, et on y entend presque toujours le cri : Lenga ! videz l'eau ! Au centre, on laisse un espace vide, long de six pieds, oij sont entassés les objets de rechange et les provisions. Ces canots sont tout à fait primitifs et doivent remonter à une haute antiquité.

Trois principales stations sont en communication avec Ujiji sur le lac. Ce sont: au nord, Uvira, marché d'ivoire et d'esclaves ; les îles de Kivira et de Kaseuge, sur le bord occidental du lac,*et la terre de Marunga, au sud.

Les mauvais canots d'Ujiji cabotent le long des côtes et ne se risquent à passer à l'autre bord que lorsque le temps est beau. Le rivage oriental du lac, le long duquel on naviguait, est composé d'un terrain rouge, sur lequel, çà et là, se dressent de grands blocs de grès ; au delà d'une plage, dont le sable quarlzeux a des reflets de diamant, on voit, dans la plaine, se dresser des villages de pêcheurs. Us sont ordinairement bâtis à l'entrée des vallées et des ravins, et la mer vient les baltre. Au delà du sable, le sol est couvert de gazon , les huttes sont de terre et n'ont pas d'autre ameublement que des nattes et quelques outils de pêche.

. A quelque distance, au nord-ouest, près d'un lieu appelé Wafanya, l'Ujiji fait place à rUrundi. La population

L URUNDÏ ET WaFAiNYA. 165

de ce nouveau pays est inhospitalière et insolente. Le chef de Wafanya vint en personne, précédé de son étendard, une lance au bout de laquelle pendait une longue queuo faite des fibres blanche d'une écorce, et suivi d'une escorte de quarante à cinquante jeunes guerriers armés de lances et d*arcs. Il venait réclamer le présent dû par les étrangers qui débarquaient sur son territoire et reçut quatre vêtements, deux colliers et trois bracelets de corail, en échange desquels il donna, suivant Tusage, une chèvre. Les déprédations habituellement exercées par ces sauvages et leurs voisins, les autres riverains septentrionaux du lac, entravent toutes relations de commerce avec les régions situées plus au sud.

A Wafanya, les canots se préparèrent à traverser le lac, qui est coupé en deux stations par l'île Ubwari. La constante humidité de l'atmosphère entretient dans cette île de continuels brouillards. Elle est longue de quarante kilomètres, large de six ou huit, et composée d'une arête de rochers, avec des bords abrupts coupés çà et là de gorges étroites et profondes. Elle e^t couverte, 3u sommet au rivage, de verdure; sa végétation dépasse encore en profusion celle des bords du lac, et elle a des parties bien cultivées. Ses habitants sont très-redoutés ; on dit que, derrière les arbres épais qui bordent le rivage, ils sont toujours à l'affût d'une proie humaine. Cependant les voyageurs descendirent sur deux points de l'ile, a Mzima, sur la côte orientale, et à Mtuwwa, au nord-ouest, sans avoir à se plaindre des indigènes. Ceux-ci, que Ton

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