‹ L'Afrique nouvelleChapitre 104 sur 265 · TOPOGRAPHIE AFRICAINE. IG · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE AFRICAINE. IG

mer intérieure, on était tombé dans plusieurs erreurs; ceWemer, on l'appelait Unyamesi, Nyanza, Ukerewé. Ces noms provenaient d'une confusion; Tanganyika est celui que lui donnent les populations riveraines et le seul qui lui convienne. Le lac Nyanza est uno nappe d'eau distincte, séparée du Tanganyika par la chaîne des montagnes de l'Usukuma.

La partie que l'on connaît de ce lac coupe le deuxième degré de latitude sud; il est très-probable qu'il traverse Féquateur, que la haute chaîne à laquelle appartiennent les pics Kilimandjaro, Kénia, Ambolola, en forme le bassin, et que de ses eaux s'échappent les filets qui forment le Nil à sa naissance. M. Speke a poussé une reconnaissance sur les côtes méridionales, oii il a visité rUquinba, l'Usabi, l'Ukindi, en s'arrêtant aux stations deSalawe, Nera, Urima, Ukumbi. Dans le lac même il a vu la partie méridionale des îles Ukerewé et Mazita. L'élévation de cette nappe d'eau est vraiment extraordinaire; elle est de 5,750 pieds au dessus du niveau de la mer, à laquelle le lac Tanganyika n'est inférieur que de 1 ,850 pieds. Sa partie septentrionale est inconnue même des populations qui en peuplent la côte sud. Elles disent qu'il faut un mois de navigation pour le traverser. Les Arabes de Kazeh prétendent que ce lac reçoit à la hauteur de Téquateur une rivière appelée Kitanguré. Dans la saison des pluies le Nyanza déborde et prend une grande extension; sa profondeur passe pour être considérable; ses rivages sont plats ou bordés de montagnes

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peu élevées. Son eau est douce; elle a des leintes bleues et claires qui sous le vent du sud - est s'assombrissent, mais jamais elles ne prennent les couleurs verte et rouge du Nil. Les iles d'Ukerewé et de Mazita sont bien peuplées et leurs habitants font un grand commerce d ivoire. Le marché le plus important de cette précieuse denrée se trouve à Urudi, sur la côte orientale.

La barbarie des riverains de ce lac a, suivant les récits des Arabes, causé souvent de graves dommages : il y a quelques années, une caravane de cinq cents hommes, venue dans le pays de Wakuba, après un très-long voyage, se prit de querelle avec les indigènes : elle était munie de fusils; mais, quand elle eut usé sa poudre, elle fut dispersée et beaucoup de ceux qui la composaient périrent. Quelques-uns parvinrent à se réfugier à ¥nyanyembé et à Kazeh. Depuis ce temps les Arabes ne se hasardaient qu'avec beaucoup de précautions sur les bords du lac.

Le Tanganyika a une eau douce et limpide très-agrénble à boire. Il est très-profond et il n'est pas facile d'y pratiquer des sondages. Les affluents sont nombreux; il est le grand réservoir de tous les coui*s d*eaux et de tous les torrents de celte partie de l'Afrique que la dépression du sol lui amène. M. Burton pense qu'il est le résultat d'un grand déchirement volcanique; l'infériorité de son niveau par rapport à la mer semble peu favorable à cette hypothèse. On ne lui connaît pas d'affluent ; par conséquent il ne communique pas avec les autres lacs de

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