‹ L'Afrique nouvelleChapitre 113 sur 265 · AUTOUR DE TRIPOLI · texte numérisé non relu

AUTOUR DE TRIPOLI

impatients voyageurs l'employèrent en excursions dans un assez large rayon autour de la ville. Ils se dirigèrent dans le sud -ouest d'abord, à seize ou dix-huit milles^ à travers une contrée aride et sablonneuse entrecoupée de bouquets de verdure, jusqu'à la chaîne de montagnes du Jebel-Yefren et du Ghurian, dont les pics bouleversés fournissent de pittoresques points de vue ; la nature y déchaîne de temps en temps des ouragans tels que des torrents se creusent des lits dans ce sol de roc et de pierre, et ramassent une masse dVau suffisante pour se précipiter, à travers plusieurs lieues de sable, jusqu'à la mer. Cette contrée est habitée par de belliqueux montagnards, Arabes et Berbères, qui ne subissent qu'avec impatience l'oppression des soldats turcs du bey, et dont les villages, pendus aux flancs des montagnes, perdus dans les ravins, souvent dévastés, sont toujours des foyers de rébellion. Des monuments du temps des Antonins s'y dressent c.icore. Le château Ghurian, une des places fortes du pays, est assis sur des montagnes droites comme des falaises; alentour sont éparses, dans des sites pittoresques, au milieu de plantations de figuiers, d'amandiers, de vignes, d'arbres particuliers à la contrée, les demeures souterraines qui servent de refuge à des juifs et à des Berbères vivant là en bonne inteUigencc depuis un temps immémorial ; ces derniers ont adopté les croyances juives.

^ Le mille anglais est d6 69 1/2 au degré et yàut i,610 inètres.

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