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LA TUNISIE

'Rien de Irisle et de désolé comme les États demibarbares de TAfrique septentrionale ; celui de Tunis, malgré les efforis assez élevés de son bey acluel, n'échappe pas à celte dégradation séculaire. En revanche la nature ne lui a pas refusé ses dons : une superbe végétation y déploie toute sa magnificence, et les Romains y ont laissé des vestiges de leur puissance et de leur grandeur; mais le luxe de la nature et les débris du passé ne font que rendre plus affligeant le contraste de la misère présente : peu ou pas d'industrie, quelques chétives demeures, une population misérable qui végète sous la dure oppression des soldats du bey. Il est surprenant de voir combien peu la proximité des peuples européens et le contact de la mer qui baigne les pays les plus civilisés du monde, a proGté aux États musulmans qui bordent le littoral de la Méditerranée. Toutefois M. Barth affirme que la régence de Tripoli est dans un état beaucoup moins déplorable que celle de Tunis. Sur cette terre semée jadis de villes fameuses, les Romains ont tracé partout leur forte empreinte; on trouve des tronçons d'aqueducs, des tombeaux, des portiques non-seulement sur la côte, mais même bien avant dans le désert.

A Tripoli, où nos voyageurs arrivèrent après une navigation de quelques jours et un voyage par terre, qui ne furent ni sans ennui, ni sans périls, il fallut attendre pendant un mois M. Richardson, que les derniers préparatifs de l'expédition retenaient encore. Ce délai, les

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