ET MONUMENTS DANS LE DÉSERT
cette solitude, sur le penchant d'un plateau escarpé, sans sesentir saisi d'une émotion et d'une vénération profondes. Plus loin, on trouve- encore un autre sépulcre, moins élevé, de proportions moins belles, très- orné cependant, et qui, même en Italie ou en Gaule, attirerait l'attention des voyageurs. Il est vrai que près de là s'élève Ghariya, qui fut une station romaine fortifiée, comme l'attestent des tours, dès murailles ornées de sculptures, et une porte massive, d'un très-beau travail, ouvrant encore son Iargeplein-cintr&,surmontéed'unecouronnedans laquelle est gravée la légende très-lisible : pro, afr, ill. {provincia Africx illustris). Le caractère général de ces constructions elles débris d'une inscription attestent qu'elles ne sont pas postérieures au règne d'Alexandre Sévère. Auguste, les Antonins, les Sévères, telles sont les époques où la vie et la civilisation débordèrent des fertiles rivages de la Méditerranée jusque dans le désert, et où ces merveilleux artistes de l'antiquité, en qui semble avoir été inné le goût des proportions et de l'harmonie, semaient d'une main prodigue les chefs-d'œuvre si loin de 1 Italie. Ghariya est à un peu plus du 50*^ degré de latitude nord et sur la limite du Hammada, région dont le nom signifie plaine de sables. Une vieille coutume veut qu'à rentrée de cette plaine les pèlerins venant du nord, et qui n'ont jamais franchi les barrières du Sahara, ajoutent leur pierre a un monceau que depuis des siècles y accumulent les voyageurs. Ainsi firent nos Européens, et s'engageant dans ce Hammada sablonneux, sans eau et coupé de peu