MOURZOUK
(le wadis, ils atteignirent la ville relativement grande de Ederi, bâtie dans une situation pittoresque sur le flanc d'une montagne et entourée de jardins. Au delà de Jerma, située dans une fertile oasis, et qui parait être l'antique Garama de Pline et de Strabon, ils virent le monument le plus méridional de la domination romaine. Enfin, dans les premiers jours de mai, ils ^atteignirent Mourzouk, d'^ ils ne repartirent qu'au milieu de juin.
La cause de ce long délai était dans la difficulté de se procurer une escorte et d'obtenir des sûretés pour'traverser sans péril la partie du désert où régnent les Tawareks. Le projet de nos voyageurs n'était pas d'aller en ligne droite au Soudan, mais bien de visiter, en inclinant vers le sud-ouest, une contrée, qui, dans le désert même, présente un granddegré d'intérêt : l'État d'Aïr et sa capitale Agadès, où pas un Européen encore n'avait pénétré. Les principales étapesdece grand trajet devaient être les oasis de Ghat, Asiu et Tintellust. Comme Mourzouk est un des principaux entrepôts du commerce qui se fait à travers le désert et le point où se rencontrent la plupart des caravanes qui sillonnent le Sahara, M. Barth et ses compagnons trouvèrent à se placer sous la protection de quelques marchands appartenant à la tribu desTinylkum, laquelle a le monopole des transactions entre le Tripoli et le Soudan.
La population de PAfrique septentrionale, particulicremenl celle du Fezzan et des oasis, appartient à la grande famille berbère, issue du mélange d'individus de la race