LES TOUAREGS
Montés sur leurs méheriSj chameaux rapides, les Touaregs sillonnent en tous sens le désert; les uns s'a. donnent au commerce, les autres rançonnent les caravanes , les chefs font payer le passage sur leur territoire par un tribut qui souvent ne préserve pas les marchands des exactions, du pillage et quelquefois même du meurtre. C'est ainsi qu*une petite caravane du peuple des Tcbus, qui habite une partie plus orientale du désert, fut massacrée aux environs d'Âsiu peu de temps après le passage du docteur Barth et de ses compagnons : les TouaregsHadanara, désappointés de n'avoir rien pu extorquer aux Européens, se jetèrent sur les malheureux Tébus, les tuèrent et s'emparèrent de dix chameaux et d'une trentaine d'esclaves que ceux-ci menaient avec eux. Les déprédations des Touaregs ne sont du reste pas limitées au désert ; ils font des incursions jusque dans le cœur du Soudan; l'Etat de Kanem, qui s'étend sur le rivage septentrional du Tchad, est particulièrement en butte à leurs ravages. Nous y retrouverons plus loin ces terribles dévastateurs. Dans le désert même, il est rare qu'ils procèdent à force ouverte: en général ils s'insinuent dans une caravane, y suscitent des querelles et profitent du désordre pour exercer leurs brigandages. Leurs armes sont la lance^ l'épée et de grands boucliers de peau d*antilcpc en forme de carré long; la plupart possèdent aussi des fusils de fabrique anglaise; mais pour beaucoup c'est, faute de munitions, moins une arme qu'un ornement. Leur long vêtement, le morceau d'étoffe dont ils se cou •