‹ L'Afrique nouvelleChapitre 117 sur 265 · BERBÈRES ET TOUAREGS · texte numérisé non relu

BERBÈRES ET TOUAREGS

sémitique avec des tribus indigènes. Son établissement remonte à des temps dont l'histoire n'a pas gardé le souvenir. Libyens, Numides, Maures, Gétules, tous ces peuples de l'antiquité sont des Berbères ; mais les Arabes vinrent : ils refoulèrent les uns, se mêlèrent aux autres, et imposèrent à la plupart leurs croyances. Cette révolu* lion paraît s'être accomplie vers le milieu du onzième siècle de notre ère. Parmi les vaincus berbères que la conquête arabe chassait devant elle, se trouvaientles nombreuses tribus qui aujourd'hui font la loi au désert, et que l'on désigne sous le nom commun de Tarki ou Touaregs. Cette appellation, que l'on voit apparaître pour la première fois dans des historiens arabes qui écrivaient il y a trois ou quatre cents ans, n*est pas celle que ces hommes se donnent à eux-mêmes ; ils ont conservé le vieux nom de Mazighs ou Amazighs, sous lequel les anciens avaient déjà appris à les connaître. Quant au mot Touareg^ il paraît signifier apostat, et faire allusion à leur conversion du christianisme à la religion de Mahomet. Ce sont des musulmans fanatiques, mais de peu d'instruction. Toutes leurs connaissances religieuses se résument dans cette profession de foi : « Il y a un Dieu, et Mahomet est son prophète. » Du christianisme ils ont retenu les mots Mesi (Messie), dont ils ont fait un des noms de la Divinité, et angélus^ avec la signification d'ange. Des superstitions de leur premier âge se mêlent à leurs croyances. Avec le nom de Mesi, ils en donnent à Dieu un autre qui rappelle l'Ammon égyptien, et

190 ASKARS ET KELOWIS.

M. Barth a trouvé dans le désert des sculptures primitives qui, par le caractère du dessin, semblent accuser des rapports, sinon de race, du moins de contact avec l'antique Egypte. Ils se divisent et subdivisent en un nombre incroyable de tribus et de sections qui sont considérées comme plus ou moins nobles suivant qu'elles sont plus ou moins pures de mélange avec les races noires. Les plus illustres et les plus puissantes sont celles des Askars, dont les femmes sont remarquables par leur beauté, et les {moshagh, qui, de même que les anciens Spartiates faisaient travailler à leur profit les Laconiens, ne subsistent que du travail de leurs esclaves et du tribut qu'ils prélèvent sur les caravanes depuis un temps anlérieur à Léon l'Africain. La race puissante des Kelowi, qui domine dans TAïr ou Asben, a cela de particulier qu'elle est entièrement sédentaire, ce que la syllabe préfixe kel indique dans le langage berbère. Chez les Askars et les Kelo^^i subsiste une coutume très-bizarre, dont on trouve aussi quelques traces chez certains peuples de l'antiquité: c'est la transmission du pouvoir, non du père à son fils, mais au fils de sa sœur. Tacite nous apprend que le lien de parenté qui rattache le neveu à Toncle maternel était presque aussi sacré chez les Germains que celui qui unit le fils au père, et que, dans certains cas même, au fils on préférait le neveu. Cette préférence n'allait cependant pas jusqu'à substituer celui-ci à celui-là dans les successions. Aujourd'hui à la côte de Malabar, ce mode singulier d'hérédité est en pratique.

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