DE LA CARAVANE
siner un site pittoresque. Le soir, on plantait les tentes auprès d'un puits ou de Tun de ces larges rocs que le temps et les orages ont creusés, bassins naturels dans lesquels Teau du ciel se conserve claire et transparente ; des dattes, des figues, un peu de riz ou de farine, la pâte agréable et rafraîchissante appelée summila^ quelquefois un oiseau tué près du puits, composaient le repas. Les Tinylkuffl, qui sont de fervents musulmane, mêlant leurs voix pour la prière, faisaient entendre une cadence mélodieuse, interrompue tantôt par de grandes exclamations, (antôt par une plainte douce et mélancolique. Bientôt les bruits s'éteignaient, mais quand le silence avait repris possession du désert, Theure du repos n'avait pas encore sonné pour les Européens : dans les passages périlleux, il fallait veiller à tour de rôle à la sûreté du petit camp, des bêtes de somme et des bagages. De plus, bien que la marche du jour eût été pénible ou dangereuse, la chaleur accablante, bien que la nuit fût fraîche et même froide, comme il arrive si souvent dans le désert, il y avait une lâche dont celui des voyageurs qui est revenu semble ne s'être jamais départi : c'était de résumer les travaux de la journée, de réunir ces notes auxquelles nous devons la relation ou mieux le journal savant, clair et précis de ce grand voyage.
La route qui mène de Mourzouk à R'at coupe le désert presqu'en ligne droite de l'est à l'ouest. A mi-chemin environ entre ces deux stations se dressent, dans un endroit appelé Telisaghé, de grands blocs de grès sur les-