‹ L'Afrique nouvelleChapitre 121 sur 265 · ANTIQUITÉS DANS LE DÉSERT · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉS DANS LE DÉSERT

quels des dessins sont profondément creuses. Le plus grand de tous représente un groupe de trois personnages: à gauche, un homme à tète de taureau, avec de longues cornes; son bras droit est remplacé par une sorte d'aviron, sa main gauche tient une flèche et un arc ou un bouclier; entre ses jambes, une longue queue pend de son corps élroit. Il est penché en avant, et tous ses mouvements accusent une certaine vivacité. En face de ce curieux personnage s*en trouve un autre plus petit, mais non moins remarquable : homme jusqu'aux épaules, il a une tête qui rappelle celle de l'ibis égyptien, sans cependant lui être identique. Cette petite léte pointue a deux oreilles et une sorte de capuchon. La main droite tient un arc; le bras gauche est replié sur le corps. Entre ces deux animaux demi-humains placés dans une altitude hostile est un bouvillon dont les jambes grossièrement dessinées, se terminent en pointe. Ailleurs un bloc, qui n'a pas moins de douze pieds de long sur cinq de haut, représente un troupeau de bœufs dans les positions les plus variées: d'autres blocs figurent encore des bœufs, des chevaux, des ânes. Ces sculptures ne sauraient être reportées à l'époque romaine ; elles rappellent plutôt Tart égyptien. Eu tout cas, elles confirment un fait curieux indiqué déjà par un passage de saint Augustin . Les rois des Garamantes aiment à faire mage des taureaux. Au milieu des bétes de somme figurées dans ces sculptures, aucun chameau n'appaniit.

Lfc. MONT IDINEN. 195

Au delà de l'endroit où se voient ces sculptures intéressantes, le chemin suivi par notre caravane se poursuivait sur un plateau terminé à pic par des rocs perpendiculaires de forme fantastique; il traversait ensuite une plaine aride et couverte de cailloux, puis il s'enfonçait dans une région de hautes montagnes dont les pics, jetés en désordre, revêtent des formes bizarres et pittoresques. L'un d'eux, le mont Idinen, apparnil de loin comme un immense château, avec des groupes de tours et de hautes murailles : il a frappé l'imagination des indigènes, qui le croient hanté par des génies et qui l'appellent le palais des démons. Barth, espérant y trouver des sculptures ou des inscriptions, résolut d*aller visiter le château enchanté. Les Touaregs essayèrent de l'en détourner, et pas un ne voulut lui servir de guide; il n'en persista pas moins dans son dessein, et, après s'être fait indiquer la marche que la caravane allait suivre et la direction dans laquelle se trouvait le puits près duquel elle devait camper, il partit seul, muni d'un peu d'eau et de biscuit.

Devant lui s'ouvrait une plaine nue et désolée, couverte de cailloux noirs, à laquelle succédaient quelques herbages où sa présence fit lever de belles antilopes, puis des ravins, des ondulations de terrain semées de larges blocis de rochers ; mais le mont Idinen était plus éloigné que la perspective ne l'eût fait croire, et le pied de la montagne enchantée semblait toujours reculer. Il était dix heures, et le soleil commençait à répandre toute

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