LB I.AG TCHAD
HauMS et Kanurls. — Séparation des voyageurs. — La ville de Kalsena. — Kano. — Industrie indigène. — Conquêtes des Pulo. — Mort de Ricliardson. — Le Bornou et sa capitale. — Kukawa. — Le sultan et son visir. — Le lac Tchad. — Histoire du Bornou.
La région dont le Tchad occupe le centre est habitée, dans la partie que traversèrent M. Barth et ses compagnons, par deux grandes races : la race des Kanuris, qui confine au rivage occidental du lac, et celle des Hausas, qui s'étend à l'ouest de celle-ci. Cette distinction est d'autant plus utile à établir que ces races présentent entre elles de grandes différences morales et physiques, bien qu'également noires. Les Hausas sont gais, vifs, industrieux; leur langage, un des plus harmonieux et des plus flexibles de ceux qui se parlent dans Tintérieur de l'Afrique, est répandu bien au delà de leurs limites. Les Kanuris sont indolents, tristes, grossiers; leurs femmes sont laides, plates, elles ont les narines ouvertes et les os saillants. Les premiers ont perdu leur indépendance; leurs
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sept royaumes ont été subjugués par cette race des Fellani, Fuibé, Fellatabs, Pulo, dont nous avons rencoptré déjà les bandes envahissantes avec le docteur Baikie, que nous retrouvons ici, et dont il sera souvent question dans tout le reste de ce voyage. Tasawa, Katsena, Kano, Gober, où nous allons suivre l'expédition, étaient des royaumes bausas, et ne sont plus que des provinces fulbés. Au contraire les Kanuris, dont les deux principales provinces, le Kanem et leBornu, sont réunies sous la même domination, ont réussi, non sans de grandes luttes, à échapper à la conquête desFellani. C*est au sud du Bornu que se trouve TAdamawa, acquisition récente des Fellani. Enfin nous ajouterons, pour éclairer de notre mieux le théâtre de l'expédition, que le Waday et le Bagirmi s'étendent, le premier au nord-est, le second au sud-est du Tchad; le Waday confine par Touest au Darfour, qui lui-même touche au Sennaar et rejoint ainsi les régions du haut Nil.
Nous avons laissé les trois voyageurs dans le midi de TAîr. Les retards apportés à leur marche par les interminables délais de leurs compagnons indigènes les retinrent longuement dans les environs de Tintellust, et ce fut seulement en janvier 1851 qu'ils traversèrent par un temps froid, où plus d'une fois le thermomètre tomba presque à zéro, le Tagama, dont les habitants, bien que musulmans, venaient leur proposer leurs fenmies ou leurs sœurs en échange de quelque présent, puis le Damergu, province tributaire de l'Asben, dont elle est le