LE SULTAN DE SOKOTO
considérablement déchue de son importance. M. Barlh eut tout le loisir de se renseigner à ce sujet dans le sc-r jour involontaire de plus d'un mois qu'il y fit. Le gouverneur le relint après le départ de sa caravane, 6t des difficultés pour lui permettre de passer outre, et prétendit qu il était nécessaire de prendre les ordres de son maître Témir Al«Moumenim« sultan deSokolo et suzerain de tout Tempire des Fellani. Au fond de cette mauvaise volonté à l'égard du voyageur, il y avait le désir d'en obtenir un présent supérieur à celui qui avait été offert. A ce moment, les Européens n'avaient plus que des res* source.^ très-bornées après leurs longues dépenses et les extorsions des Touaregs; d'ailleurs tout le bagage principal était resté aux mains de M. Richardson. 11 fallut cependant que Barth se procurât un caftan, une veste, un tapis, un châle, et qu'il se dessaisit en outre d'une partie des remèdes que contenait sa petite pharmacie de voyage. Le gouverneur alors ne demandait plus que deux choses : une médecine pour augmenter sa vigueur virile et quelques fusées volantes, qu'il appelait médecine de guerre et jugeait propres à terrifier ses ennemis; mais à cet égard il ne put être satisfait, M. Barth ne portait ni fusées ni cantharides.
Le temps de ce séjour forcé, le voyageur le mit à pro- Gt pour étudier l'histoire de l'État jadis puissant et célèbre dont Katsena est la capitale; les documents de cette histoire sont d'autant plus rares que les Fellani les détruisirent pour la plupart après leur conquête, dans Tin-