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LA VILLE DE KANO

tentioii d'anéantir les souvenirs nationaux. Toutefois le savant voyageur put reconnaître que l'Etat de Katsena remonte au commencement du septième siècle de Thégire, c'est-à-dire au milieu environ du treizième siècle de notre ère; trois cents ans plus tard, l'islamisme y pénétra. Après une période de prospérité, le Katsena tomba sous la dépendance du Bornu; ses princes durent un tribut de cent esclaves au chef de cet État à leur avénement. Son commerce toutefois resta florissant, la fertilité de son sol et sa belle situation géographique sur la ligne de partage des eaux du Tchad et du Niger étaient pour lui un gage de bien-être, quand, au commencement de ce siècle, en 1807, les Fellani Tenvahirent. L'action exercée par ces conquérants, a été très-diverse, selon lès parties du Soudan dans lei^quelles ils se sont établis : dans les pays sauvages et païens, ils ont apporté une civilisation relative; dans les États musulmans au contraire, ils ont exercé une influence généralement funeste; il en a été ainsi pour Katsena. Kano, située à trente ou trentecinq lieues dans le sud-est, et qui, avant d'être une des principales villes de l'empire fellani, était le cheMieu d'un État hausa, a été beaucoup plus heureuse. Sa prospérité commerciale, favorisée par une position géographique non moins avantageuse que celle de sa voisine, n'a cessé de se développer; la vie et la richesse, en se retirant de Katsena, se sont en partie reportées vers elle; aussi sa population, son activité, son industrie, l'extension donnée à l'écoulement de se^ produits la maintien-

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