POPULATION ET ASPECT DE KANO
pas de là un malheureux se traîne rongé d ulcères ou d'éléphautiasisi.
La population libre de Kano est' estimée par M. Barth à trente mille âmes; le chiiïre en est doublé de janvier en avril, dans la période d'activité commerciale, par les étrangers, qui y affluent de très-loin, et le nombre des esclaves peut être de quatre mille environ; il est en général beaucoup moins considérable dans les villes que dans les campagnes. Les Fellani, après avoir assujetti Kano, s'y sont logés dans un quartier à part; ils se sont adjugé les emplois politiques et administratifs, plus une partie du territoire, mais ils ont laissé à la population indigène sa liberté et la faculté de s'enrichir par le commerce. L'étendue de la ville est considérable et tout à fait hors de proportion avec le chiffre de ses habitants, à cause des champs et des cultures qui entourent les maisons. Celles-ci sont bâties en argile, de forme carrée, avec un seul étage surmonté d'une terrasse; elles ont toutes une cour rectangulaire entourée de murs dont l'élévation ne met pas leur intérieur à l'abri de la curiosité des passants. Il y a aussi des huttes circulaires composées d'un simple rcz-de-chausséc et couvertes d'un toit de chaume conique. Au beau milieu de la ville se trouve une grande lagune malsaine à laquelle les habitants n'ont pas l'air de prendre garde, bien que son dessèchement dût certainement exercer une heureuse influence sur leur santé.
La principale industrie de Kano consiste dans le