‹ L'Afrique nouvelleChapitre 133 sur 265 · INDUSTRIE ET MARCHÉ DE KANO · texte numérisé non relu

INDUSTRIE ET MARCHÉ DE KANO

tissage du coton et la leinture; cette ville exporte les robes qu'elle fabrique et qu'elle colore avec Tindigo à Mourzouk, R'at, Tripoli, Tombouctou et jusqu'à la côte d'Arguin. Elle en fournit le Bornou malgré sa production indigène, le Igbira et le Igbo, ces contrées du Niger qu'a visitées le docteur Baikie. Enfin elle a envahi l'Adainawa et ne s'est trouvée arrêtée que par la nudité complète des hommes tout à fait sauvages qui habitent au delà de ce pays. Les Européens ont souvent parlé des belles étoffes de coton teint de Tombouctou : on croyait qu'elles y étaient des produits indigènes; c'était une erreur : elles y viennent de Kano par R*at, et font cet immense détour parce que la route directe est trop dangereuse. Cette exportation est estimée au minimum par M. Barth à trois cents charges de chameaux par an. Outre ces étoffes, on fait encore à Kano de jolis ouvrages de cuir, des sacs de forme et de dessin très-élégants teints en rouge avec un végétal , des sandales qui s'exportent jusque dans le nord de l'Afrique. Le commerce des esclaves y est très-actif, et si jamais les Anglais ou d'autres Européens s'installent dans celte partie de l'Afrique, ils auront fort à faire pour enipêcher la traite, il est. même bien à craindre que le sentiment d'humanitéqui s'oppose à ce triste trafic ne soit un des plus grands obstacles à l'établissement de leur influence sur les indigènes. Kano s'enrichit encore comme cntreposilaire du commerce que font autour d'elle les pays circonvoisins : les caravanes qui portent le cuivre du Wâday, le sel,ri-

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