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PREMIÈRE VUE DU LAC TCHAD

choisissant Omar pour successeur entre ses quarantetrois fils. Celui-ci a complété la révolution commencée par son père : aux faibles représentants de -la dynastie des Bulala, il a substitué la dynastie des Kanemis, sans daigner cependant prendre le titre de sultan ; on l'appelle simplement le cheikh Omar. C'est un prince de peu d'énergie, et il est possible que d'ici à quelques années de nouvelles révolutions intestines ensanglantent le Bornou.

Au sud et près de sa résidence de Koukawa, Omar a, non loin du Tchad, un autre séjour favori où il passe une partie de l'année. C'est en l'accompagnant à cette résidence, qui porte le nom de Ngornu, que M. Barth eut la première occasion de voir le lac. Dans une excursion qui dura de 'trois à quatre jolirs, il en suivit les bords, qui ne sont qu'une longue série de marécages peuplés d'éléphants et d'hippopotames ; la grande eau, qui n'a guère plus d'une ou deux brasses de profondeur, ne se trouve qu'à quelque distance de terre. A l'intérieur du lac existe tout un archipel id'iles basses et sablonneuses qui, dans la saison sèche se rejoignent, se couvrent de hautes herbes et forment d'immenses pâturages. Elles sont habitées par une race d'hommes particuhers qui non-seulement ont conservé dans cette retraite une^sorle d indépendance, mais encore exercent des pirateries sur tous les rivages, excepté sur celui de la province deKanem, avec les habitants de laquelle ils entretiennent des relations de commerce et d'amitié. On appelle ces hom-

LES BUDDUMAS. . 227

mes Jedinas ou Buddumas. Barth en vit plusieurs : ils sont de grande taille, beaux, bien faits, de visage intelligent ; ils se couvrent simplement d'un tablier de cuir, et ils portent au cou un collier de perles blanches qui, joint à Féclal d'ivoire de leurs dents, fait un agréable contraste avec leur peau noire comme du jais. Pour naviguer sur le lac, ils se servent de barques formées de petites planches reliées entre elles par des cordes, et dont les interstices sont bouchés avec de la mousse; elles peuvent contenir une douzaine hommes. Le lac est élevé de huit cent trente pieds au -dessus de la mer; Tépoque de son plus large débordement est fin octobre et novembre. Ses eaux sont douces et nourrissent plusieurs variétés de crocodiles; il est trés-poissonneux, ainsi quehs komadugus et cours d*eau qui s'y déversent. Enfin sur ses bords MM. Overweg et Barlh purent s'offrir le luxe de la soupe à la tortue.

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