EXCURSION DANS LE MUSGU
sont couverts de scorpions dont la piqûre est loin d'être
sans danger. Au Musgu, dans une excursion postérieure à celle-ci, Barth, piqué au bras par un de ces insectes, fut deux jours comme paralysé. L'expédition se poursuivait ainsi avec grand profit; elle avait contourné tout le rivage septentrional du lac, à une distance très-peu considérable de ses bords, et déjà elle atteignait la région où le Kanem confine au Waday, quand une attaque subite des tribus belliqueuses au milieu desquelles elle s'était engagée la força de rétrograder. Il y eut un combat dans lequel Barth remplit vaillanmient le devoir d'officier et de soldat, tandis qu'Ovcrweg s'employait à panser les blessures; mais, il faut l'avouer, malgré les secours de leurs auxiliaires européens, les Sliman, mercenaires au service du Bornou, furent battus, la tente de Barth fut prise, et les voyageurs perdirent une partie de leurs provisions et de leurs bagages. A la suite de cel échec il fallut battre en retraite, et la troupe, reprenant en partie les chemins qu'elle avait déjà suivis, rentra le 14 novembre à Koukawa.
L'occasion d'une autre excursion non moins importante ne tarda pas à se présenter. Au sud-ouest de Koukawa s'étend le Mandara, province montagneuse, dépendante du Bornou et assez connue par la relation de Denham, qui l'a jadis visitée. Le chef de cette province avait refusé son tribut d^esclavcs, et le cheikh se proposait de marcher en personne contre les rébelles avec son fidèle vizir et son serkin-karfi^ sorte de chef de police, qui était