‹ L'Afrique nouvelleChapitre 146 sur 265 · LE MANDARA · texte numérisé non relu

LE MANDARA

les procédés de notre fabrication ; mais chacun témoignail de la surprise et du dégoût en apprenant quel rôle y remplit le noir animal. Les autres industries dupayssont la préparation de la poudre, pour laquelle on emploie particulièrement le charbon d'une espèce de mimosa appelé kingar^ la confection et la teinture par Tindigode chemises de colon. L'expédition militaire continuait d'avancer, mais lentement et non sans quelque incertitude; le cheikh s'était flattéqu'une démonstration suffirait pour déterminer la soumission du chef récalcitrant, et il redoutait de s'engager dans les. montagnes du Mandara avec son armée, presque entièrement composée de cavaliers. Enfin lediflérend futrégléparunesortedccompromisentrc le suzerain et son vassal ; celui-ci consentit à envoyer rni présent de dix belles esclaves. Le cheikh satisfait de ce résultat, résolut de retourner à Koukawa pour s'y reposer de ses glorieuses fatigues ; mais pour utiliser son année, il prescrivit à son vizir de longer le Logone et de s'avancer dans le sud jusqu'au pays des Musgu et des Tuburi, pour y faire un ghazzia ou chasse aux esclaves. C'était une vilaine et attristante expédition ; cependant elle offrait l'occasion de voir des contrées que Denham avait présentées comme inaccessibles, et malgré leur répugnance nos Européens la suivirent.

Le Musgu est loin d'être aussi montagneux que l'avait pensé le major Denham ; il est d'un accès difficile, mais c'est seulement à cause des épaisses forêts et des marécages qui l'entourent. Les grands animaux y 'abondent,

UNE GHÂZZIA CHEZ LES MUSGU. 241

surtout la girafe et Téléphant ; les voyageurs eurent occasion de manger de la chair de ce dernier animal ; elle rappelle assez celle du porc, seulement elle se digère mal. Le vizir fit don à Overweg d'un petit lion et d'une espèce da chat sauvage que ses gens avaient pris ; ces animaux suivirent quelques jours Texpédition, puis ils périrent. Les naturels du Musgu sont païens; sans cesse exposes aux incursions et aux ravages de leurs voisins, qui viennent recruter parmi eux des troupeaux d'esclaves, ils ont pris un aspect particulièrement farouche et sauvage; ce sont de beaux hommes, vigoureusement constitués, dont la peau est d'un noir sale un peu clair. En beaucoup d'endroits, ils* résistaient courageusement aux envahisseurs, dont, à vrai dire, les mauvais fusils, chargés avec des balles d'étain, ne valaient guère mieux * que les lances des naturels. Ailleurs ils fuyaient, mais quelquefois en laissant dans leurs huttes désertes des vivres empoisonnés; c'est ainsi que précédemment ils avaient fait périr beaucoup de leurs ennemis. Leurs villages, entourés de larges champs de riz, sont composés de ces cabanes circulaires et coniques qu'on retrouve ailleurs, et d'une autre espèce de huttes de forme toute particulière ; ce sont des cylindres avec un toit rond surmonté d'une espèce de champignon. A l'armée de Bornou s'étaient joints des corps auxiliaires de Shuwas et de Fellani; tous ces Africains, pleins d'avidité, accomplissaient à l'envi leur œuvre de dévaistation, brûlant les

hameaux et détruisant les récoltes ; puis ils mettaient en

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