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LES AFFLUENTS DU TCHAD

commun les esclaves et le butin pour en faire le partage à leur retour; leurs brigandages et leur cupidité étaient un spectacle hideux et affligeant. Néanmoins cette déplorable expédition eut un résultat scientifique important : elle permit aux Européens de voir à la partie supérieure de son cours le Serbewel, affluent ou plutôt bras occidental du Shari, principale rivière qui alimente le Tchad. Shari-Eré, peut-être Serbewel, et la plupart des noms que portent les deux branches de ce grand cours d'eau signitient simplement rivière dans les idiomes des peuplades qui vivent sur ses bords ; Tappellation qui, selon M. Barth, lui convient le mieux est rivière deLogone. Dans une rapide excursion, Overweg eut occasion de voir le Serbewel dans une partie inférieure de son cours, Barth traversa quelques mois plus lard les deux bras ; Tun et l'autre coulent du sud au nord ; ils sont profonds, navigables, et leur largeur varie de trois à six cents mètres ; un nombre considérable de cours d'eau inférieurs s'y déversent. Si, par un concours d'heureuses circonstances topographiques, le Binué, coutournant les montagnes du Mandara , avait, avec le Serbewel , quelque communication navigable , on pourrait aller par voie fluviale de l'Atlantique à rintérieiir du Tchad.

Une telle hypothèse n'est pas dénuée de tout fondement : en 1854, Vogel eut à son tour l'occasion de pénétrer dans le Musgu ; il s'avança au delà du point où s'étaient arrêtés ses compagnons, et signala chez les Ta-

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