MORT D'OVERWEG
roeau, et sur son refus de recevoir autre chose que des échantillons de produits du pays, il lui envoya un nombre (le robes considérable. Enfin, après un mois de délais et d'hésitations, il Tautorisa à retourner au Bornou. Depuis que rimpossibilité de remonter aux sources du Shari ou depénétrer au Waday était démontrée, Barth n'avait plus d'autre désir que celui de retourner sur ses pas. Ce fut donc avec une vive satisfaction que le 10 août il se mit en marche dans la direction de Koukawa.
Un cruel événement, une douleur que rien ne pouvait égaler, l'attendait dans cette ville : son unique compagnon, son compatriote, allait mourir dans ses bras. La saison des pluies avait été très-préjudiciable à la santé de M. Overweg. Barth fut frappé, en revoyant son ami, de rallcration de ses traits. II essaya de Tarracher aux influences pernicieuses de la plaine qui entoure Koukawa. Overweg commit une grave imprudence : un jour, en poursuivant des oiseaux d'eau, il fut mouillé et garda jusqu'au soir ses vêtements trempés sur son corps. A partir de ce moment, son sort fut décidé : il se coucha pour ne plus se relever.
Quant à Barth, il avait parcouru les régions les plus difficiles et vu tomber successivement ses deux compagnons. Isolé, accablé de fatigues, il avait enfin droit au repos; il avait découvert des routes nouvelles, noué des relations avec des chefs lointains, recueilli une ample moisson d'observations de toute nature; il avait assez fait pour sa gloire et bien rempli sa mission : il pouvait se