‹ L'Afrique nouvelleChapitre 154 sur 265 · DÉPART DE BARTH PODR LE NIGER · texte numérisé non relu

DÉPART DE BARTH PODR LE NIGER

richir, mais pour s'instruire de mœurs inconnues, étudier des dialectes, dessiner les cours d'enu et les montagnes, recueillir des plantes et des pierres, ce courage opiniâtre, qui ne cédait pas même devant les menaces de mort, et qu'entretenaient dans sa fermeté la curiosité et Tamour de la science, avaient frappé d'étonnement et de respect les populations sauvages au milieu desquelles notre voyageur avait transporté sa vie laborieuse. Le sultan du Bornou, après avoir tenté vainement de le détourner de son projet et de le retenir, lui donna des chameaux, lui fit d'autres présents, et enjoignit à tous les gouverneurs des villes qu'il aurait à traverser dans ses Etats de le protéger. M. Barth fut prêt à se mettre en route vers la fin de novembre 1852. A cette date, il faisait connaître en Europe son dessein et Tétat de ses ressources par une lettre dont voici un fragment :«.... Seul survivant de l'expédition dont aujourd'hui l'accomplissement repose tout entier sur moi, j'ai senti doubler mes forces, et je suis déterminé à pousser jusqu'au bout les résultats que nous avons acquis. Je possède une quantité suffisante de présents, plus deux cents dollars, quatre chameaux, quatre chevaux; ma santé est dans de bonnes conditions ; j'ai avec moi cinq honnêtes serviteurs dès longtemps éprouvés et bien armés, nous avons de la poudre et du plomb. J'espère avec pleine confiance que je pénétrerai heureusement jusqu'à Tombouctou. »

Une des guerres qui désolent presque constamment ces régions rendant la route qui mène à Kano impraticable,

L ÉMIR AL-MOUMÉiMM DE SOKOTO. 253

le voyageur prit la direction de Zinder et de Katsena. Il entra heureusement dans Katsena le 6 mars 1853, et, sans presque s'y arrêter, marcha sur Sokoto. A quelque distance de cette ville, M. Barth renconti^a le puissent chef fellani qui s*intitule commandeur des croyants, émir Âl-Mouménim, et dont Tautorité plus ou moins immédiate s'étend sur la plupart des provinces du Soudan occidental; c'est Aliyou, fils de Bello.

Ce Bello avait accueilli, il y a une trentaine d'années, Clapperton et ses compagnons avec beaucoup de bienveillance. 11 avait facilite leurs voyages, et s'était engagea protéger de même tous les hôtes que lui enverrait l'Angleterre. Son successeur Aliyou se montra jaloux de remplir cet engagement. Il dit à Barth que, depuis deux ans, il avait reçu la lettre par laquelle le sultan d'Agadès lui faisait connaître la présence des voyageurs, qu'il n'avait cessé de suivre avec intérêt les mouvements de l'expédition. 11 ajouta quelques paroles touchant la mort de Richardson et d'Overweg, puis il accordai aux voyageurs Tautorisation de se rendre à Tombouctou, qui dépend de l'empire fellani, de visiter de nouveau et plus complètement l'Adamawa, si l'occasion s'en présentait à son retour, et promit en outre que sa protection serait acquise à tous les Anglais qui voudraient circuler et trafiquer (Ions les États soumis à sa puissance. Enfin il se montra très-satisfait des présents qui lui furent offerts, et qui consistaient en des burnous de satin et de drap, un caftan, un tapis turc, des pistolets montés en argent, des

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