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étaient desséchés ou ils n'oiïraient qu'une eau impure. Environ à moitié route au delà de TOued-Tarat^ un des plus considérables du désert, dont les berges ont de 40 à 50 mètres de hauteur, et se composent d*un lit d'argile mêlé de grès schisteux, la caravane gravit un plateau aride et parvint à un passage appelé Idara, Itedjererij ce nom signifie « difficile à passer. » C'est un rocher haut de 15 mètres qui est jeté en travers du sillon tracé par les caravanes dans le désert. A son pied est un grand tas de cailloux qui rappelle l'exercice auquel se livrent la plupart des voyageurs. Ils lancent pardessus le bloc un de ces cailloux, et s'ils le dépassent et envoient la pierre de l'autre côté, ce qui exige une grande vigueur, ils ont l'honneur de voir leur nom inscrit sur le grès tendre du rocher. Plus loin se dresse une suite de rochers se rattachant h la chaîne de R'at, que l'on appelle Ksar-el-Djenoun. C'est là que Barth, égaré dans une course imprudente, tomba épuisé de soif et de fatigue et faillit périr au début de son voyage.
Enfin, lé 26 septembre, la caravane atteignit R'al. Celte petite ville est dominée à Touest par un mamelon couvert d'un bois de palmiers. Elle est habitée par les Touaregs, qui y ont bâti des maisons de pierre, de terre et de simples tentes de peaux de buffle. La population touareg s'y compose, de deux races différentes : l'une conquérante, les Ilioggar ou nobles; l'autre conquise, les
* On appelle de ce nom les lits des lorrcntis qui s'emplissent d'eau pendant les pluies.
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Im'rad, qui payent aux premiers une redevance annuelle et lui abandonnent le dixième des produits qu'elle vend et achète. Les premiers semblent par certains caractères se rattacher à la famille caucasique, tandis que les se-* conds ont évidemment du sang noir. La population stable de R'at ne dépasse guère six cents habitants ; mais il faut y ajouter une population flottante assez considérable de marchands, d'industriels, de forgerons, de cordonniers venus principalement de R'adamès et qui, leurs affaires faites, s'en retournent. Beaucoup de caravanes viennent du Fezzan et de TÉgypte, du Bornou et du llausa. On trouve sur les marchés des soieries, des cotonnades, de la verroterie, de la quincaillerie, de Tambre jaune, du corail, du cuivre laminé, du musc, des essenccs,v des burnous, des haïks, des armes, des ceintures. Il faut aux caravanes huit jours pour se rendre du Fezzan à R*at.
Les produits venus de loin sont presque tous anglais. Lesmarchandises de TAnglcterrey pénètrent parla Guinée, la Sénégambie, le Maroc, Tripoli et l'Egypte. Les Anglais ont mis pour atteindre ce but du temps et de la patience, mais ils sont aujourd'hui maîtres du commerce de tout le centre de l'Afrique. Leur premier soin a été de s'assurer des colporteurs à travers ces régions ; ils se sont adressés aux marchands de R'adamès, puis des nogo* ciants anglais sont venus s'installer à Tripoli et ils n^ont pas craint d'ouvrir à leurs sauvages intermédiaires de larges crédits, certains que l'intérêt les leur ramènerait