LE PAYS DES SCHOIIOS
suliiiane. L'agriculture y est très-florissante; les habitants des plaines de Barka sont au contraire nomades. Le district d'AIgaden est malsain; il se compose d'une succession de yallées et de larges plateaux couverts de forêts et de hautes broussailles qui servent de repaire à nombre de bêtes fauves.
Un autre voyageur allemand, M. Werner Munzinger, a exploré de même eu Abyssinie les pays des Schohos et des Bedouas. Ces contrées présentent de singuliers contrastes dans une assez courte étendue : la chaleur des tropiques, et le climat froid d'un sol alpestre; des déserts incultes et les pentes fertiles d'une chaîne qui s'abaisse dans la direction du Sennaar. Ce contraste est dû à des montagnes qui séparent en deux régions physiques le pays des Schohos, et donnent naissance à des séries de zones ayant chacune son caractère propre. Ainsi, à des plaines arides dont le sol est imprégné de sel et dépourvu d'eau, à d'autres plaines où ne croissent en été que quelques arbustes épineux, succèdent des vallées fertiles, puis d'étroits défilés creusés par les torrents des montagnes qui après les pluies entraînent arbres et rochers. Enfin, au sommet des montagnes règne une température toujours fraicne. elles ne sont jamais couvertes de neige, et se revêtent d'un constant manteau de verdure. Dans ces régions vivent le lion, le léopard, plus redoutable, car il attaque l'homme, la panthère, petite, mais très-agressive; les sangliers, le cliacal, les singes en troupes innombrables, les hyènes, les gazelles, les éléphants. L'aulurche, activement pour-
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suivie pour ses plumes, tend à disparaître. Les sources minérales abondent.
Les Schohos sont des pasteurs ; ils portent pour vêtement des manteaux d'une laine grossière qu'ils tissent eux-mêmes.^ Leur chevelure est abondante et crépue. Leur teint varie du brun au noir, mais ils n'ont pas le type nègre r Ils sont bien faits, leurs femmes ne manquent pas de beauté; il est vraisemblable qu'ils sont, comme tant d'autres populations de cette côte, le produit d'un mélange avec des Arabes venus d'Asie. Ils sont rudes et redoutables; leur langue estgutturale, et ils sont assez enclins au vol.
Les Bedouas, leurs voisins, qui habitent plus particulièrement la région des plaines, dénotent de même un mélange sémitique. Ils sont agriculteurs; leur idiome est beaucoup plus doux; la plupart sont musulmans, mais pratiquant un islamisme dénaturé par beaucoup de superstitions.