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LA PLANTE A DENTELLE

pour cette religion. Les découvertes modernes, les notions scientifiques, ne sont pas sans attrait pour ces hommes encore primilifs, et un des amis indigènes de M. Ellis rendit à Thistoire naturelle un service signale en aidant le voyageur à se procurer un échantillon de Youvirandra fenestralis : plante à treillis^ feuille à dentelle.

Cette plante, qui est particulière à Madagascar, où elle ne croit qu'en certains lieuic, n'était guère connue encore que par des dessins. M. Ellis, qui est un amateur passionné d'histoire naturelle, avait inscrit ce desideratum sur son programme, et comptait bien rapporter au moins comme bénéfice de son expédition quelque spécimen du rare végétal. A peine eut-il mis le pied sur le sol malgache qu'il s'enquit de la plante, présentant aux indigènes un dessin qu'il avait copié sur les planches jointes à la relation de l'amiral Dupelit-Thouars ; mais les uns ne l'avaient jamais vue, les autres prétendaient qu'elle croit dans des lieux inaccessibles. Enfin un des hôtes du missionnaire mit à sa disposition un indigène qui, après quelques jours de recherches, vint annoncer qu'il avait trouvé Youvirandra sur un petit cours d'eau, mais que les crocodiles étaient en ce lieu si abondants qu'il y aurait grand danger à l'aller quérir. Ce ne pouvait pas être là un obstacle sérieux, et peu après M. Ellis avait en sa possession le plant tant désiré. C'est une racine aquatique large de deux doigts, enfermée dans un petit sac brunâtre, et dont la substance blanche et charnue

OUVffiANDRA FENESTRALIS. 291

peut donner, rôtie, un bon aliment. Elle projette dans tous les directions, à fleur d'eau, ses feuilles gracieuses et légères, longues «de neuf à dix pouces, découpées comme une dentelle et passant, selon le degré de leur croissance, par toutes les nuances, depuis le jaune pâle jusqu'au vert foncé. Sur Teau, Vouvirandra forme un cercle de deux à trois pieds de diamètre, fermé par des feuilles d'un vert olive, tout rempli de feuilles diverses de grandeur et d'éclat, et d'où s'échappent des tiges flexibles terminées par une fleur double. Le voyageur eut la joie de transporter sa plante saine et sauve à Maurice, de l'y conserver vivante, et c'est à la persévérance de ses soins que sont dus les beaux pieds (ïouvirandra que nous avons pu admirer dans Regenfs-Park et Crystal- Palace.

Au bout de quinze jours, la réponse de la reine arriva : Sa Majesté demandait comme indemnité, pour l'affaire de Tamatave, 15,000 dollars. A ce prix, elle consentait au renouvellement des relations de commerce. Ce premier point fut seul obtenu ; la reine n'avait répondu sur le reste que d'une façon évasive, sans ôter cependant aux Européens toute espérance de pouvoir par la suite pénétrer dans l'intérieur. En attendant le moment favorable à cette nouvelle expédition, le petit bâtiment remit à la voile, passa sous le cône massif de Bourbon, et ne tarda pas à voir se dessiner dans le lointain les riantes vallées, les montagnes verdoyantes, les blanches villas qui enveloppent Port-Louis. Notre ancienne colonie al-

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