S9C LA TOMBE DE PAUL ET DE VIRGINIE
Virginie soit revenue mourir. Au large se montrent Vile d'Ambre et la passe du Saint-Géran. Une anse du rivage s'appelle la baie des Tombes, parce que c'est là, dit-on, que les deux amants furent ensevelis, et dans un pelit jardin, sur le bord d'un ruisseau, sous un groupe de bambous que le vent balance, deux larges pierres sépulcrales surmontées d'urnes funéraires sont appelées les lombes de Paul et de Virginie. Plus d'un étranger va faire ce pèlerinage; par malheur, ce qui dépoétise un peu ces souvenirs, c'est que quand le visiteur, l'esprit plein d'émolion et de recueillement, se présente pour rendre hommage à l'une des plus touchantes créations de l'imagination humaine, un gardien, allongeant la main, de* mande : Sir, six pmce if y ou please!
Un des endroits les plus intéressants où le visiteur puisse s'arrêter à Port-Louis est le cimetière, situé sur un terrain bas, en dehors de la ville, près de l'entrée méridionale du port ; il se prolonge jusqu'au bord de la mer par une longue avenue de filao, sorte de cyprès élancé et maigre dont les feuilles produisent, au moindre souffle de vent,* un bruit Iriste et monotone. Là, des hoDimes de tous les pays, de toutes les conditions, de toutes les couleurs sont venus prendre leur sépulture, et au milieu des monuments de tous genres, en généî*al bien entretenus et surmontés de vases d'où débordent les fleurs, et surtout l'amarante, on peut çà et là, sur quelques pierres à demi usées par le temps, Hre une cpitaphe et un nom qui rappellent la France.