LE CHOLÉRA DE 1854 Â MAURICE
autorités d'Atanarive pour les informer de rinteniion dans laquelle il était de se rendre à Tamatave et demander l'autorisation de visiter la capitale. Sur ces entrefaites, une grande calamité s'était abattue sur Maurice : deux bâtiments transportant de Tlnde des coolies avaient apporté avec eux le choléra. Favorisé par de brusques changements de température, il fit un nombre de victimes considérable; souvent le chiffre en dépassait cent par jour. Le tiers de la population avait quitté Port- Louis; tous les véhicules avaient été mis en réquisition par la municipalité pour le transport des cadavres; les magasins, les boutiques, à l'exception de celles des droguistes et des pharmaciens, étaient fermées ; les journaux paraissaient imprimés seulement sur une page, qui tout entière était consacrée à donner les noms des principales victimes et à indiquer des remèdes ; les églises chrétiennes ne cessaient d'implorer la miséricorde divine, et l'on voyait en longues processions les' Indiens et les Chinois porter de l'encens et des offrandes à leurs idoles. Un fait très-remarquable, c'est que le fléau épargna presque complètement ces Asiatiques. Cependant ils étaient nombreux, entassés, dans de mauvaises conditions de propreté et d'hygiène. Les créoles comme les Européens tombèrent par centaines.
Ce fut au commencement de juin, dans un moment où le fléau semblait vouloir sévir avec moins de rigueur, que le missionnaire quitta de nouveau Maurice pour Madagascar.