FÊTES DE LA NOUVELLE ANNÉE
lirait sur une sorte de place qui présentait dès le malin un spectacle de grande animation. De jeunes filles esclaves, à la physionomie agréable et vive, les cheveux tressés en petites nattes ou relevés en épais bandeaux, vêtues de chemises blanches et de jupes de couleur, venaient, portant des bambous longs de "sept à huit pieds, chercher de Teau à un puits protégé par une margelle de bois. Elles puisaient le liquide avec de larges cornes de bœuf, et repartaient avec leurs singuliers vases en équilibre sur chaque épaule.
Le missionnaire fut tnaité avec une extrême bienveillance. Ses anciennes connaissances èe rappelaient à son souvenir par des présents de gibier et de volaille; chacun témoignait du plaisir de le revoir, et, peu de jours après son débarquement, il fut convié avec les autres résidents étrangers à un grand repas donné à roccasion de Tune des principales fêtes de Madagascar, le renouvellement de Tannée, qui est fixé dans Tile au solstice de juin. Dès le 24, tous les travaux cessèrent; les chefs elles officiers de Tamatave, en grand costume, chacun accompagné de sa suite, se faisaient porter en palanquin chez le gouverneur pour lui rendre leurs devoirs. Le peuple avait revêtu ses habits de grande fcte ; les hommes en lambas blancs, les femmes en jupes de couleur, leurs cheveux noirs tressés en quantité de boucles et de nœuds, ce qui donne à leur physionomie quelque chose d'un peu roide, s'en allaient par groupes de famille visiter leurs parents et leurs amis, comme on fait en Europe.