FAUNE, - INDUSTRIE MALGACHES
bre se trouvaient des lemurs, animal qui semble, ainsi que Faye-aye, être particulier à Madagascar. La Icte allongée du lemur rappelle celle du renard; il a les oreilles courtes et velues, le corps blanc et noir couvert d*un pelage laineux et abondant, une longue queue touffue, les membres de derrière plus forts que ceux de devant. Son agilité égale celle du singe. On l'apprivoise assez facilement. Il n'en est pas de même de Taye-aye : c'est un animal extrêmement rare, à la mine éveillée, avec une tête ronde et de larges oheilles, le corps couvert d'un poil roide, la queue touffue, et rappellant aussi le singe par plusieurs de ses habitudes. M. Ellis eut le regret de ne pouvoir joindre un de ces animaux à la riche collection qu'il a emportée de File.
Parmi les produits de l'industrie indigène, la vannerie, les nattes et les outils de fer méritent surtout l'attention. L'intérieur de l'ile est tellement riche en minerai, qu'il y a une région appelée d'un nom qui signifie la montagne de fer, Ambohimiangavo. Les procédés employés pour travailler ce métal ont fait des progrès, grâce à quelques Européens ; ils seraient encore susceptibles de beaucoup d'améliorations ; cependant ils fournissent des ouvrages d'un travail assez délicat.
Le marché au bétail, qui venait d'être rouvert, présentait une physionomie particuhère ; on y voit figurer seulement des bœufs buiïalos, avec une bosse entre les épaules. Les indigènes, qui estiment par-dessus tout celte espèce, n'ont jamais voulu permettre l'introduction
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de celles du Cap ; entre eux, le commerce du bétail n'a aucune activité, et il doit tout son intérêt à rexportation. Les bâtiments qui viennent prendre un chargement fixent le nombre de tètes qu'ils demandent, et dont le prix est tarifé à 15 dollars chacune par Tadministration, ce qui semble un taux bien élevé pour Madagascar. Ordinairement, c*est cent ou cent cinquante animaux; on en amène en plus une vingtaine, pour que les acheteurs puissent éliminer les sujets les moins avantageux ; puis le troupeau est conduit sur le rivage. L'embarquement est la grande affaire; il s'effectue assez promptement, avec un système de câbles des plus compliqués. A bord, quand la traversée dépasse vingt jourâ, il est rare qu'on ne perde pas un certain nombre d'animaux; aussi y aurait-il grand profit pour les bâtiments qui font ce commerce à employer la vapeur, car Bourbon et Maurice dépendent entièrement de la grande ile sous le rapport du bétail. Sur les divers marchés, les payements se font en dollars, moitié et quart de dollars. Des changeurs sont chargés de couper et de peser ceis pièces de monnaie.
Cependant la lettre adressée par M. Ellis à la cour d'Alanarive avant son départ de Maurice était restée sans réponse ; le voyageur renouvela sa demande : on lui fit savoir qu'il fallait qu'elle fût signée en même temps de M. Caméron. Vainement objecta-til que son compagnon avait été appelé au Cap et n'avait pu le suivre cette fois. Enfin, comme il insistait, on lui opposa la crainte do
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choléra. En effet, le fléau sévissait en ce moment à Maurice avec une nouvelle fureur, et les précautions les plus minutieuses étaient prises à, Madagascar contre son. invasion. Tous les articles importés étaient exposés quarante jours durant à Tair et au soleil; les dollars acceptés en échange du bétail devaient être enterrés pendant un même espace de temps, et tous les bâtiments, de quelque provenance qu'ils fussent, étaient astreints à une quarantaine complète. M. Ellis dut donc cette fois encore renoncer à l'espérance de parvenir jusqu'à la capitale; du moins, pour ne pas borner sa visite à Tamatave, il résolut de faire le long du littoral une excursion à Foule-Pointe.
Ce voyage s'accomplit par le bord de la mer, à Tombre de ces immenses forêts qui forment à Tile entière comme une ceinture de défense ; la puissante végétation des tropiques s'y étale dans toute sa splendeur : des lianes inextricables, des parasites gigantesques, d'énormes fougères s'y enlacent et s'y mêlent aux épaisses et sombres chevelures des pandanus, aux légères couronnes des cocotiers, aux amples et vigoureuses palmes de l'arbre du voyageur. Celui-ci (Urania speciosa) sert, comme le baobab, de réceptacle à l'eau des pluies et la eonsei^ve dans les lieux les plus arides ; mais ce n'est pas son tronc lisse et compacte, ce sont les tiges flexibles de chacune de ses feuilles qui retiennent, comme autant de tuyaux, le précieux liquide ; il suffit d'une incision légère pour en faire couler une eau claire et toujours frai-