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FUNESTES MARÉCAGES DE LA COTE

che. A ces puissants feuillages, aux lianes qui montent, retombent et serpentent, se suspendent les fleurs les plus éclatantes et les plus variées. C'est un spectacle d'une beauté sans égale, mais en présence duquel on respire la mort. Quand les nombreuses rivières qui descendent de la chaîne des montagnes intérieures, gonflées par les pluies et refoulées par les sables de leurs barres, se répandent en marécages le long de la côte, les détritus de cette luxuriante végétation exhalent des miasmes mortels, même pour les indigènes; ceux-ci ne connaissent aucun remède contre la terrible fièvre des bords de la mer, et c'est ce fléau, plus encore que le génie hostile de Ranavalo, qui protège l'indépendance de Madagascar-. Ses pernicieuses influences ne se font plus sentir à environ huit lieues du rivage, l'air devient alors parfaitement sain et pur; mais, comme le littoral seul peut servir de point de départ aux établissements des Européens, l'obstacle subsistera dans toute sa force jusqu'à ce qu'il soit possible d'assainir par des travaux de canalisation et de grands abatis d'arbres des portions de la côte.

Peu d'animaux fréquentent ces forêts : on y voit surtout des oiseaux aux brillants plumages, des lézards jaunes, bruns, rayés, vert émeraude, et des serpents pour lesquels les indigènes ressentent une terreur superstitieuse. Ils ne les tuent pas. M. Provint raconta à son hôte qu'un jour à son réveil, après avoir dormi ert plein air, comme il relevait sa natte, il vit avec horreur qu'un

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