LE TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE A TAMATAYE
avait accru le bien-èlre des habitants, comme il était facile de s'en apercevoir au costume et à la tenue générale. Dans rintervalle de deux années, des quantités énormes de riz et plus de quatre mille bœufs avaient été exportés dans les seuls ports de Maurice. Cependant cette prospérité venait de subir un fâcheux ralentissement à la suite du bruit qui s'était répandu d'une expédition concertée par la France et FAngleterre contre Madagascar, et peutêtre le désir de se rapprocher de TAngleterre n*élait-il pas étranger à la détermination, prise enfin par la défiante Ranavalo, d'entrouvrir les portes de sa capitale. On remit au missionnaire une lettre du prince royal dans laquelle celui-ci lui adressait ses compliments et se promettait un grand plaisir de sa visite ; puis le secrétaire du gouvernement de la reine fit donner à M. EUis un laisserpasscr jusqu'à la capitale, accompagné d'un permis de séjour d*un mois.
De son côté, le missionnaire était chargé d'un message d*amitié de son gouvernement et de divers présents, parmi lesquels figurait un télégraphe électrique, qu'il s'était exercé, pendant deux mois de son séjour à Londres, à manier, afin défaire connaître à ses amis de Madagascar, qui l'en avaient souvent sollicité, celte merveilleuse invention. En passant pas les mains de la douane Tamatave, l'appareil excita au plus haut point l'intérêt et la curiosité. Le gouverneur s'empressa de prier M. Ellis de vouloir bien faire fonctionner devant lui le télégraphe, et il se rendit, accompagné des principaux