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LES FRANÇAIS DE MADAGASCAR

de la ville à la demeure de M. Provint, où l'appareil avait été transporté, parce que la foule ne cessait d'encombrer la maison du missionnaire. Le rapport du (il avec les batteries, les propriétés de la pile, le jeu des aiguilles, excitaient Tadmiration ; mais l'enthousiasme fut à son comble lorsque, l'instrument dressé, M. Ellis se mit à converser avec le gouverneur à la distance de 50 mètres, et en faisant comprendre qu'il ne faudrait pas plus de temps pour causer d'un bout de Tile à. l'autre.

C'était sous Tinfluence de telles impressions que le voyageur faisait ses préparatifs de départ avec la certitude d'être partout le bienvenu. Il allait quitter Tamalave, lorsque des officiers arrivèrent delà capitale, chargés par Ranavalo de rendre les plus grands honneurs funèbres à M. de Lastelle, notre compatriote, qui venait de mourir. Il y avait vingt-sept ans que ce Françaijg, alors capitaine de la marine marchande de Saint-Malo, s'était fixé à Madagascar, où il avait remplacé une autre de nos compatriotes, M. Arnoux, dans la direction d'une sucrerie établie sur la côte, à Mahéla. Au milieu des vicissitudes du règne de Ranavalo et des persécutions imposées aux étrangers, M. de Lastelie avait dû à son activité et à ses services de se concilier la faveur de la terrible souveraine; il avait entrepris, de concert avec elle^ d'introduire en grand la culture de la canne, et les fi ais d'établissement, qui s'étaient élevés à plus de dix millions, avaient été compensés par de sérieux profits.

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