ITINÉRAIRE DU VOYAGEUR
disparaître, et les applications en soit devenues beaucoup plus rares depuis Radama.
 Tenibouchure de Tlharoka, seize de ces canots taillés dans une souche d'arbre qui seryent à la navigation des nombreuses rivières de Madagascar reçurent les ba-. gages et les voyageurs. Ceux-ci, laissant le bord de la mer pour remonter le fleuve pendant quelques milles, se dirigèrent à Touest, droit sur Atanarive. A mesure qu'on s'éloigne de la côte, Tair s'assainit ; les villages se pressent davantage, et leurs habitants, plus industrieux, semblent jouir de plus de bien-être. Le terrain s'élève graduellement, formant des lignes successives de hauteurs couronnées d'arbres et de vallées tapissées d'une luxuriante verdure. Çà et là, de larges blocs de quartz gisent sur le sol. Quelques rivières coupaient la route ; on les passait en canot, et des troncs d'arbres jetés sur les ravins et sur les torrents servaient de ponts. Souvent près des villages, sur des hauteurs d'où l'œil embrasse d'immenses horizons, on voyait se dresser des monticules de terre enfermés entre quatre murs de pierre hauts de cinq ou six pieds, et surmontés d'une petite construction en pierre; ce sont des sépultures hovas. Les Malgaches en général professent un grand culte pour les morts et pour les ancêtres ; d'ailleurs ils n'ont pas de système religieux bien arrêté : des superstitions, quelques idées incertaines de transmigration, voilà tout ce que leur ont apporté leurs ancêtres venus de la Polynésie et de l'Inde, ce qui parait rejeter vers dos temps très-reculés les migrations qui,