ENTRETIEN AVEC LES PRINCES ET LA PRINCESSE
M. Eliis ne trouva pas désagréable. Ensuite on franchit les portes de la ville, et la longue procession se dirigea à travers la campagne.
A son approche, les habitants des villages sortaient de leurs demeures, apportant les uns du riz, les autres du manioc, des fruits, des légumes, qu'ils déposaient aux pieds du prince, et que ses ofBciers ramassaient. C'est une offrande en nature qu'il est d'usage de présenter aux souverains sur leur passage. Enfin on attelait Mahazoarivo. En passant sous la porte, chacun se découvrit. Cette habitation est un joli cottage bâti au bord d*une pièce d'eau, et entouré de bananiers et d'allées de vignes qui produisent, dit-on, de bons raisins. Le prince donna la main à la princesse pour descendre de son palanquin, mit le pied sur le seuil, et, se tournant, invita la compagnie à entrer. Des rafraîchissements, consistant en confitures, biscuits, fruits, avec des 'plats, des couteaux et des fourchettes d'argent, étaient disposés sur une table autour de laquelle on s'assit. La princesse Babodo est une belle femme, à peu près de la taille de son mari et de quelques années plus âgée que lui. Ses traits sont réguliers, un peu lourds ; sa physionomie respire une grande bienveillance. Elle tenait son mouchoir à la main, comme une Parisienne dans son salon. Le missionnaire prit place à côté d'elle, et elle se plut à l'entretenir avec beaucoup d'affabilité de la reine Yictorid, du prince Albert, de leurs enfants. Elle
apprit avec intérêt le mariage projeté entre la princesse