‹ L'Afrique nouvelleChapitre 220 sur 265 · DISPARITION DES RACES INDIGÈNES DEVANT LES ANGLAIS · texte numérisé non relu

DISPARITION DES RACES INDIGÈNES DEVANT LES ANGLAIS

libérantes. Par malheur, Texemple des Sandwich démontre qu'au miheu de ces innovations le sauvage dépérit au lieu de s'élever à notre niveau, et la raison en est fort simple.

Il y. a dans la vie des nations aussi bien que dans celle des hommes des périodes de transition qu'on ne peut supprimer, et, pas plus qu'un individu, un peuple ne saurait passer subitement de l'état d'enfance à celui de virilité; les institutions libérales sont donc prématurées pour le sauvage, qui n'en est encore qu'aux rudiments de la vie sociale. Les étrangers lui apporteront les complications de leurs querelles et de leurs intrigues. Sous prétexte de l'instruire et de le protéger, ils en feront l'instrument de leurs intérêts et de leurs passions. Ce n'est jamais à son profit que nos inventions, transportées chez lui, fonctionnent, et, quelles que soient son intelligence et sa bonne volonté, il est jeté sans armes, en face des nations de l'Europe et de TÂmérique, dans les bruyantes mêlées du commerce etde l'industrie.

Telles sont les circonstances qui ont fatalement frappé de mort les indigènes de l'Océanie. Là même, comme par dérision de la justice, des traités ont consacré la spoliation . Les settlers et les squatters ^oni venus, des actes de vente à la main, chasser, comme des bêtes malfaisantes, de la terre qu'ils tenaient en héritage de leurs ancêtres, ceux des sauvages qui avaient pu survivre aux maladies, à l'abus des liqueurs, au brusque changement d'existence et de milieu. Quel profond sentiment de haine et de révolte impuissante contre l'injustice doit s'emparer de

Page 1