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DIVISIONS ADMINISTRATIVES DU LIBERIA

s*éveiller en eux le sentiment de la dignité humaine prenaient le chemin du Libéria. La colonie s'étendait en même temps, par de nouvelles acquisitions de territoire, au delà des liihites étroites qui, primitivement, lui avaient été assignées. Un chef de la côte, nommé Bah-Grey, se montra, par une heureuse exception, très-disposé à favoriser les idées américaines, et deux nouveaux comptoirs, deux petites villes, Edina et la colonie du cap . Monte, s'élevèrent, l'une au sud, Tautre au nord de Monrovia. Quelques chefs indigènes favorisèrent les nouveaux établissements; ceux qui se montrèrent hostiles furent repoussés.

En 1835, la Société particulière de colonisation de rÉtat de Pensylvanie créa, vis-à-vis d'Edina, sur la rivière Saint-Jean, une nouvelle ville, Bassa-Çove, qui, après quelques vicissitudes, prospéra comme ses voisines. En 1859, les règlements institués par la grande Société de colonisation furent convertis en système général d'organisation politique, applicable aux diverses colonies et centrahsant le pouvoir à Monrovia : un gouvernement, assisté d'un conseil, sorte de corps législatif, reçut le droit d'édicter des lois subordonnées à l'assentiment du conseil de colonisation. Le territoire était divisé en deux comtés : le premier, composé des districts de Monrovia, Caldwell, Millsbourg et New-Georgie, prenait le nom de comte de Mesurada; le second, comté de Bassa, comprenait Bassa-Cove, Marshall, Bexley et Edina. Les deux comtés devaient envoyer au corps

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législatif, celui-ci quatre, celui-là six représentants, '

Ce règlement assurait à la société naissante le jugement par le jury; il interdisait Tesclavage et tout trafic d'esclaves. Aucun blanc ne pouvait* devenir propriétaire foncier en Libéria. Cette organisation nouvelle trouvait la colonie dans un état très-prospère : Libéria comptait neuf villes, quatre imprimeries, deux journaux, vingt églises, dix écoles. Le gouverneur, Joseph Roberts, placé en 1841 à la tête du

petit Etat, eut le mérite et le bonheur de se concilier la plupart des chefs du littoral et de conclure un traité d*aHiance intime avec les puissants Kroomen, qui s'étendent des confins du Libéria au cap Palmas, dans la direction du sud. Le chef Bah-Grey, qui s'était constamment montré fidèle ami des Libériens, menacé par des chefs de l'intérieur qui Taccusaient de leur porter préjudice par la suppression du trafic des esclaves, annexa ses États à la communauté libérienne. L'agriculture, le commerce, l'industrie, se développaient. Enfin, en 1847, Tétat de la colonie était tel, que la Société décolonisation jugea le moment venu de frapper un grand coup et de compléter Texpérience qu'elle avait entreprise en déclarant le Libéria digne de s'administrer lui-même et en proclamant sa liberté politique. Une circonstance hâta cette détermination; les bâtiments anglais qui venaient commercer sur les côtes de la colonie refusaient de s'y soumettre à aucune taxe, sous prétexte qu'elle n'était pas un Etat, mais le comptoir d'une société particulière. Ce

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fut alors qu'une constitution fut rédigée, déclaration d'indépendance envoyée aux peuples civilisés, et que le pavillon national libérien^ aux bandes blanches et rouges longitudinales alternées, se dressa sur Monrovia et sur toute la côte libérienne, le 24 août 1847.

Voici quels furent les principes fondamentaux de la constitution libérienne : le pouvoir législatif était confié à un sénat et à une chambre des représentants; les deux anciens comtés, auxquels en avait été adjoint, depuis Taccession de Bah-Grey, un troisième nommé Sinon, devaient envoyer chacun deux membres au sénat. Pour être sénateur, il fallait résider dans le pays depuis trois ans, avoir au moins trente-cinq ans, et posséder un revenu d'environ onze cents francs; pour être représentant, vingt-trois ans d'âge, deux ans de résidence, un capital d^environ six cents francs, étaient exigés. Mesurada élisait quatre députés, Bassa trois, Sinon un; en outre, un député serait élu par mille âmes d'augmentation dans la colonie. Enfin, le pouvoir exécutif était dévolu à un président, âgé de trente-cinq ans au moins, ayant cinq ans de résidence et possédant de trois à quafre mille francs de revenu.

Ce fut à Joseph Roberts que Fclection donna la présidence; sa magistrature devait durer deux ans. Aussitôt il se rendit en Europe pour se mettre en rapport avec les gouvernements des principaux États maritimes; il se présenta en France, au milieu de i 848, et y fut très-amicalement accueilli. Une frégate française se rendit en

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